
Karl Olive échoue à reprendre la mairie, Sandrine Berno dos Santos réélue
Les vivats et les cris de joie sont audibles depuis le parvis de l’hôtel de ville de Poissy, à 22h ce dimanche 22 mars. Entourée de ses soutiens, Sandrine Berno dos Santos savoure : la maire sortante a déjoué les pronostics lors de ce second tour des élections municipales, coiffant Karl Olive au poteau en remportant 54% des suffrages exprimés. « C’est une joie immense, déclare-t-elle entre deux embrassades après avoir proclamé officiellement sa victoire. Surtout que la semaine dernière, on était 10 points derrière ! »
À quelques centaines de mètres de là, l’ambiance est toute autre. Rassemblés dans sa permanence pleine à craquer, les partisans de l’ancien maire se rendent peu à peu à l’évidence, alors que les résultats des bureaux de vote tombent au compte-goutte : bien que tout le monde le voyait favori, Karl Olive échoue à reprendre la mairie à son ancienne première adjointe.

Qu’est-ce qui a bien pu permettre un tel retournement de situation ? Pour le candidat perdant, l’explication est claire. « Ce soir, c’est la gauche qui fait perdre la ville de Poissy, lance-t-il au micro devant une foule désabusée, avant de revenir sur la campagne houleuse qui a opposé les deux candidats. Cette élection n’a pas été un débat de projet. Elle a trop souvent été une campagne faite d’attaques, de caricatures, parfois d’humiliations ». Le député a notamment fait référence aux tirs de mortiers dont il avait été la cible lors d’un déplacement de campagne, le 14 février dernier dans le quartier Racine, allant jusqu’à proférer de lourdes accusations. «Je vous le dis ici avec gravité, vous apprendrez que celles et ceux qui sont auteurs de ces tirs de mortiers sont des proches de celle qui a remporté l’élection ce soir ».
Nul doute que cette campagne électorale laissera des traces. Elle laisse en tout cas présager un rapport de force houleux lors des prochains conseils municipaux. « Nous resterons vigilants sur chaque décision, chaque engagement, chaque promesse », prévient le futur conseiller municipal d’opposition.
Adama Gaye crée l’exploit et s’impose face à Raphaël Cognet
Il l’a fait ! Adama Gaye est le nouveau maire de Mantes-la-Jolie, après avoir battu l’édile sortant Raphaël Cognet lors du second tour des élections municipales, le dimanche 22 mars. Arrivé en seconde position lors du premier tour (25%), le candidat sans étiquette a pulvérisé les attentes et écrit l’histoire en ralliant 54,16% des électeurs mantais à sa cause. « Cette victoire, c’est celle de la jeunesse mantaise. Cette victoire, c’est celle du vivre ensemble ! » a-t-il déclaré, triomphant à l’étage de l’hôtel de ville, dans une ambiance survoltée.

Un score qui s’explique par une mobilisation sans précédent du Val-Fourré, quartier dont il est originaire, mais aussi d’un report de voix favorable suite au retrait d’Arnaud Dalbis, troisième au premier tour avec 19,45%, et au renfort de la liste de Kanza Sakat (12,88%). Ce novice en politique de 34 ans devrait prendre officiellement ses fonctions ce samedi 28 mars lors du conseil municipal d’installation.
L’alliance autour de Raphaël Prats éjecte Laurent Brosse de la mairie
Michel Rocard, Jean-Paul Huchon, Philippe Esnol, pendant plus de 35 ans la cité batelière fut un laboratoire du Parti socialiste. Mais depuis 12 ans, c’est l’ancien chouchou de Valérie Pécresse, Laurent Brosse, qui avait confisqué les clefs de l’hôtel de ville conflanais, avec notamment une élection dès le premier tour en 2014. Et au soir du 15 mars, l’élu semblait bien parti pour faire la passe de trois en arrivant en tête avec 33,18% des suffrages exprimés. Sauf que voilà, une alliance improbable s’est dessinée durant l’entre-deux-tours, « un mariage de la carpe et du lapin » selon le maire sortant.
Il est vrai que voir la tête de liste de Conflans Naturellement, Raphaël Prats, s’allier avec le socialiste Alexandre Garcia et la macroniste Aurore Ambert, en a surpris plus d’un, à commencer par leurs colistiers respectifs. Un pari risqué, car si arithmétiquement le score cumulé de tout ce petit monde dépassait ainsi Laurent Brosse, les élections se soucient rarement des règles mathématiques. Mais le résultat est là : Raphaël Prats s’empare bel et bien de la mairie avec 47,62% des voix., devant le maire sortant (43,02%) et Emmanuelle Fortin (RN, 9,35%).
La victoire a commencé à se dessiner aux alentours de 21h40, après le dépouillement total des deux bureaux de vote de l’hôtel de ville. Le candidat de Conflans Naturellement compte déjà 175 bulletins d’avance. « Ce n’est pas fini » prévient-il, un brin superstitieux. La tension est palpable mais pendant ce temps-là, Laurent Brosse reste retranché dans son bureau, dans sa citadelle plus vraiment imprenable.

C’est lui qui met fin au suspense une petite heure plus tard. Alors que le bureau de vote n°18 manque toujours à l’appel, il fait enfin son apparition et prend le micro pour annoncer ce qui se dessinait déjà depuis plusieurs minutes. Humble dans défaite, le désormais ex-édile félicite le vainqueur. « À chaque élection, on sait qu’on est sur un siège éjectable » reconnaît Laurent Brosse, qui pourrait ne pas siéger dans l’opposition puisqu’il a d’ores et déjà annoncé se consacrer à des « nouveaux horizons plus personnels ».
De son côté, le futur maire peut enfin laisser éclater sa joie et se permettre une coupe de cidre. « Ma première pensée va aux agents des services de la ville et à nos partenaires culturels et éducatifs qui vont pouvoir reprendre leur souffle. L’humilité sera la marque de demain » annonce Raphaël Prats. Pour les sept prochaines années, l’alliance a promis de rendre Conflans-Sainte-Honorine, « une ville plus sûre, plus verte et plus solidaire ». Autre défi que cette amitié de circonstance devra relever : rester unie pour que l’ambiance au sein du conseil municipal reste au beau fixe.
Les résultats dans les autres communes
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