Protoxyde d’azote : la communauté urbaine s’engage pour le recyclage des bonbonnes

Alors que l’usage détourné du « gaz hilarant » inquiète aussi bien les autorités de santé que la Préfecture des Yvelines, la Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) déploie une filière de recyclage inédite afin de nettoyer l’espace public de ces contenants dangereux tout en protégeant les centres de tri contre les risques d’incendie et d’explosion.

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Le constat est sans appel : en 2025, les services de la voirie communautaire ont ramassé près de 5 000 bonbonnes de protoxyde d’azote sur le territoire. Initialement réservé à des usages médicaux ou culinaires, ce gaz est aujourd’hui massivement consommé par les jeunes pour ses effets euphorisants. Un usage détourné qui peut entraîner de graves séquelles neurologiques : c’est d’ailleurs ce qui a motivé le Préfet des Yvelines d’en interdire la vente au grand public (voir notre édition du mercredi 4 mars).

Outre le danger de santé publique que représente le protoxyde d’azote, c’est aussi l’abandon sauvage des bouteilles en acier sur les parkings et dans les espaces verts qui pose problème. Au-delà de la pollution visuelle, ces déchets constituent une menace invisible pour le service public : jetées par erreur dans les ordures ménagères, ces bouteilles sous pression peuvent exploser lors du traitement des déchets, provoquant des dégâts matériels majeurs et ­mettant en péril la sécurité des agents.

Pour répondre à ce défi, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise a scellé un partenariat avec le syndicat Valoseine et un prestataire spécialisé. L’organisation repose sur un maillage territorial efficace. Huit centres techniques communautaires se sont en effet équipés de caisses grillagées pour centraliser les collectes effectuées par les services municipaux. Les particuliers sont également mis à contribution : ils sont invités à déposer leurs bonbonnes dans les déchèteries habilitées d’Achères, d’Aubergenville ou de Mantes-la-Jolie (Les Closeaux).

Le cycle de recyclage se veut exemplaire : les bouteilles vides sont transformées en nouveaux métaux, tandis que celles qui sont encore pleines subissent une oxydation thermique afin de détruire le gaz à effet de serre avant que l’acier ne soit réutilisé. Cet engagement technique permet ainsi de transformer un danger de salubrité publique en une ressource ­circulaire maîtrisée.