Adama Gaye ouvre une « nouvelle ère » pour Mantes-la-Jolie

Officiellement élu à l’issue du conseil municipal d’installation, qui se déroulait le samedi 28 mars au complexe sportif Félicien Dantan, le nouveau maire de Mantes-la-Jolie, Adama Gaye, promet un mandat apaisé et axé sur « la justice sociale ». Avec une ambition claire : « redorer le nom de Mantes-la-Jolie ».

Des applaudissements en nombre. Quelques cris de joie. Des larmes, aussi. De nombreux Mantais ont vu l’histoire de Mantes-la-Jolie s’écrire sous leur yeux, samedi dernier dans un complexe sportif Félicien Dantan plein à craquer, alors que Salah Zaouiya, doyen de la nouvelle équipe municipale, habillait Adama Gaye de l’écharpe de maire.

L’enfant du Val-Fourré, aujourd’hui âgé de 34 ans, succède ainsi au maire sortant Raphaël Cognet, qu’il a battu à la surprise générale lors du second tour des élections municipales du dimanche 22 mars dernier avec 54,16% des suffrages exprimés. « Dimanche dernier, les Mantais ont exprimé un choix clair qui inaugure une nouvelle ère pour la commune de Mantes-la-Jolie, a-t-il lancé après le vote du conseil municipal. Une victoire historique, acquise par une mobilisation dans les urnes sans précédent, où l’élan démocratique qui a porté notre candidature s’est ­manifesté avec force ».

Pour son intronisation, le jeune édile a pu compter sur le soutien de nombreux élus locaux venus lui témoigner leur soutien. Du maire de Trappes Ali Rabeh au député de la 8ème circonscription des Yvelines, Benjamin Lucas, en passant par le maire de Limay Djamel Nedjar et la tête de liste défaite au premier tour Kanza Sakat (mais dont la liste a fusionné avec Debout Mantes), ils ont tous observé la première séance d’Adama Gaye avec une certaine fierté dans le regard.

Les nouveaux élus ont entonné La Marseillaise une fois vêtus de leur écharpe.

Elles sont bien loin, les images de la soirée électorale de la semaine précédente, relayées pendant des jours sur toutes les chaînes d’information en continu. Dans celles-ci, on pouvait observer de grandes effusions de joie dans un hôtel de ville bondé, un Adama Gaye conquérant, haranguant ceux venus le féliciter sur le balcon de la mairie… mais aussi un Raphaël Cognet conspué avec véhémence, et dans l’incapacité de déclarer en bonne et due forme la victoire de son successeur à cause aussi d’un micro faisant des siennes.

Comme une réponse aux doigts pointés vers Mantes-la-Jolie ces derniers jours, Adama Gaye a rendu un « hommage appuyé » au maire sortant, tout en soulignant la campagne « propre » qui s’est déroulée dans la cité mantaise ces derniers mois. Le tout sous les applaudissements, et sans la moindre huée. « Les Mantais n’étaient plus habitués à ça », a-t-il souligné, avant d’envoyer un signal clair à ceux qui voyaient dans son élection un signe de la « bordelisation » sauce LFI. « La nouvelle mandature ne sera pas celle des invectives, des violences, d’où qu’elles viennent, ou des provocations stériles, a-t-il prévenu. Nous devons nous inscrire dans une démarche d’apaisement et de sérénité devant conduire la ville sur les chemins de l’unité, brisant les frontières invisibles, et surtout incarner le vivre-ensemble auquel nous sommes tant attachés. Symbole de cette unité, la Marseillaise, entonnée trois fois dimanche dernier dans le hall de l’hôtel de ville ».

« Vous serez respectés »

Ces paroles et cet hommage, Raphaël Cognet n’était pas là pour les entendre résonner dans le gymnase : en effet, quelques heures plus tôt, l’ancien maire de Mantes-la-Jolie publiait une vidéo sur ses réseaux sociaux pour annoncer qu’il ne siègerait pas en tant que conseiller municipal d’opposition. « On ne peut pas être et avoir été, et quand on a été vaincu, il faut savoir partir, admet-il. Dès lundi, je vais changer de vie, et je vais enfin pouvoir consacrer du temps aux choses que je n’avais pas le temps de faire lorsque j’étais maire ».

Ils n’étaient donc que trois à siéger dans l’opposition lors de ce conseil municipal d’installation, en l’absence de l’édile sortant et de son ancienne première adjointe Edwige Hervieux : Nathalie Aujay, Fabien Corbinaud et Aymeric Capmarty qui, hormis une question sur le détail des délégations et des indemnités du maire et ses conseillers municipaux, ont fait preuve d’une grande discrétion. Aurons-nous un débat apaisé et constructif au sein de l’assemblée municipale mantaise ?

C’est un complexe sportif Félicien Dantan bondé qui a accueilli le nouveau maire.

S’il est encore un peu tôt pour le dire, c’est en tout cas le souhait du nouveau maire. « Aux membres de l’opposition, je souhaite exprimer mes républicaines salutations à la majorité sortante qui a mené les affaires de la commune durant 4 ans, a-t-il souligné. Vous aurez toute votre place au sein du conseil municipal. On a des membres aujourd’hui qui sont dans la majorité et qui ont été quelque part dans l’opposition précédemment. Vous serez respectés, vous serez écoutés, et nous mènerons un dialogue constructif dans l’intérêt de Mantes ».

Parmi ces transfuges de l’opposition, comment ne pas citer Guillaume Quevarec, conseiller municipal de la minorité depuis 2022 sous l’étiquette Printemps mantais, et désormais membre de la majorité après l’alliance entre la liste de Kanza Sakat et celle d’Adama Gaye. « Je suis heureux que Paul Picard ait enfin trouvé un successeur aux valeurs progressistes, a-t-il déclaré, mentionnant le prédécesseur de Pierre Bédier et dernier maire de gauche de Mantes-la-Jolie. Dans un discours d’apaisement, il est important que l’ancienne majorité municipale, désormais dans l’opposition, puisse exercer correctement son travail, et peut-être même mieux que nous pouvions le faire ».

L’exemplarité : voilà ce qui semble être au cœur de la volonté d’Adama Gaye au moment d’entamer ce nouveau mandat. Notamment à travers une charte de déontologie : les élus auront une obligation d’assiduité, et devront « répondre aux courriers des habitants sous 20 jours ouvrés ». Mais aussi à travers une intransigeance face « aux passe-droits pour nos proches », et aux « coups de pouce » aux « entreprises amies ». « Nous sommes soucieux de l’intérêt de tous. Nous mènerons à Mantes-la-Jolie une politique forte et ambitieuse fondée sur la justice sociale, la jeunesse, cœur vivant de notre ville, le cadre de vie, le commerce, la santé ou encore l’éducation. Je serai le maire de tous les Mantais et de toutes les Mantaises. Sans exception aucune ». À en croire les vivats qui accompagnaient chacune de ces annonces, nul doute que c’est ce que les Mantais attendent.