RD154, village pour mineurs isolés… Le Département répond aux habitants du canton de Verneuil

Le Département des Yvelines organisait un nouveau temps d’échange ouvert à tous, le jeudi 2 avril dernier à Verneuil-sur-Seine. Son président, Pierre Bédier, n’a éludé aucune question : on fait le point.

Pour la deuxième étape des « Rendez-vous du dialogue citoyen », les équipes du conseil départemental ont choisi le canton de Verneuil-sur-Seine. Et ce n’est pas un hasard. Car au-delà de sa spécificité géographique (13 communes rurales et moyennes en arc-de-cercle, sans véritable centralité), l’actualité y est brûlante et les projets du Département nombreux.

Après un premier temps d’échange organisé du côté de Poissy il y a quelques semaines (voir notre édition du 25 février), le bouche-à-oreille semble avoir fonctionné : habitants et élus ont fait le déplacement en nombre pour poser leurs questions et faire part de leurs griefs aux représentants du Département des Yvelines, si bien que les chaises manquaient, au Salon de l’Étrier. Signe que cette volonté de renouer le dialogue attise, au moins, la curiosité des administrés.

Après une courte introduction dans laquelle le Président du conseil départemental, Pierre Bédier, a notamment fait la publicité du futur collège Jean Zay (« l’un des plus beaux du département » selon lui), les habitants ont pu, tour à tour, poser des questions sur des projets ou des compétences qui concernent le Département. Et comme à Poissy, ce sont les projets routiers qui ont, dans un premier temps, monopolisé les débats.

Le pont d’Achères en tête, évidemment. Interrogé sur le planning de ce brûlant projet de liaison entre la RD30 et la RD190, Pierre Bédier en a profité pour annoncer que, quelques jours plus tôt, la validité de la déclaration d’utilité publique avait été reconnue par la juridiction administrative. « Nous n’avions pas pu lancer l’appel d’offres pour la construction du pont, nous attendions la fin de ce recours, a souligné le président du Département. Nous allons lancer, avant la fin de l’année, l’appel d’offres pour la construction de ce pont, nous aurons probablement le choix de l’entreprise à la fin de 2027, et la construction qui interviendra ensuite. On devrait donc avoir ce pont en 2031 ».

Autre projet routier qui a fait couler beaucoup d’encre, le contournement de la RD154 par le bois de Verneuil. Une nouvelle fois interrogé sur ce projet de voie nouvelle de 6 kilomètres, qui avait rencontré une farouche opposition, Pierre Bédier s’est avoué vaincu. « Les municipales sont passées, personne n’en a parlé dans la campagne comme d’une infrastructure nécessaire. Pourquoi voulez-vous qu’on aille dans ce cas-là s’embêter à la faire ? Je pense que c’est un tort de ne pas le faire, je pense que vos petits-enfants vous le reprocheront, mais ils ne me le reprocheront pas à moi. Que les choses soient claires : la RD154 est désormais aux oubliettes pour le conseil départemental ». Une annonce qui a déclenché une salve d’applaudissements… de quoi faire sourire l’intéressé. « Si on m’avait dit qu’un jour, je me ferais applaudir pour la RD154… »

Par contre, s’il y a bien un sujet pour lequel le public n’avait pas envie d’applaudir, c’était celui des villages pour mineurs non-accompagnés. Plusieurs habitants ont en effet fait part de leur incompréhension, voire de leur inquiétude quant à l’installation prochaine de l’un d’entre eux dans la commune de Chapet, pour loger et former 100 des 800 jeunes pris en charge par le Département et actuellement disséminés dans des hôtels du territoire. Sur des charbons ardents, le président du Département l’a assuré : il s’agit de « la moins mauvaise des solutions ».

« Ces 800 jeunes dont on parle, ils sont déjà dans les Yvelines. Vous en entendez parler ? Il y a une commune où ils représentent 10% de la population. Vous imaginez que s’il y avait eu des problèmes dans cette commune, ça aurait fait le tour de la presse. Bien entendu que les adolescents peuvent faire des bêtises. Mais ceux-là, ils ont une caractéristique. Après tout ce qu’ils ont connu, dans la tête, ils sont plutôt à l’âge adulte qu’à l’adolescence. Leurs traversées ont été des épreuves invraisemblables […]. Aujourd’hui, ils n’ont qu’une envie : travailler vite pour faire de l’argent ». C’est à ce moment qu’intervient la vingtaine d’accompagnants prévue pour chaque village : former et accompagner ces jeunes pour les « remettre dans le cycle de la vie et de la formation », comme le souligne Marc Tourelle, conseiller départemental délégué au ­Dialogue citoyen.