
La situation s’est envenimée très vite. Il y a une dizaine de jours, un jeune réalisait un rodéo urbain sur un motocross dans les rues d’Ecquevilly. Pris en chasse par la gendarmerie, il avait fini par percuter un véhicule banalisé au niveau du rond-point reliant la D113 et la D43. Sans casque, il avait été admis en urgence absolue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière (Paris 13e). Le ministère de l’Intérieur précise que la Section de Recherches (S.R.) de Versailles est chargée de réaliser les investigations dans le cadre d’une enquête ouverte du chef de blessures involontaires et de déterminer les circonstances exactes de l’accident. La tension est alors montée d’un cran. D’abord dans la commune dirigée par Marc Herz, puisque dans la soirée des feux de poubelle ont été recensés et plusieurs barrages ont dû être mis en place dans des points stratégiques de la ville. Ensuite, sur le territoire…
Dans la commune voisine des Mureaux, le 27 avril, près d’une centaine de jeunes aurait fait exprès d’incendier un conteneur d’ordures pour que le Brigade Anticriminalité Locale (BAC) intervienne. Lorsque les forces de l’ordre sont arrivées sur place, ils ont essuyé des jets de pierre, l’une d’entre elles touchant un fonctionnaire au visage, lui cassant le nez et plusieurs dents. Le lendemain, Le Parisien indique qu’un groupe de six jeunes, âgés de 19 à 21 ans, a été arrêté car ils tentaient de vendre des tee-shirts se moquant du policier blessé : « Reste avec nous Sam (nom du policier blessé, Ndlr) », « Calme-toi Sam ça va aller ».
Il a fallu attendre le dimanche pour que le calme revienne dans la vallée de Seine. Avant cela, les policiers ont dû stopper six motocross à Limay. La situation s’est envenimée puisque les fonctionnaires ont été pris pour cible par des tirs de mortiers. Les auteurs ont entre 15 et 17 ans. Les mêmes faits se sont produits à Mantes-la-Jolie, dans le square Henri-Vallon et Jean-Mermoz, précise le quotidien d’informations régionales. Quelques maires ont lancé des appels au calme, comme celui des Mureaux. « Nous déplorons que l’accident survenu dans la ville voisine d’Ecquevilly ait pu engendrer un tel déchaînement de violence », déplore Damien Vignier. Tout au long de la semaine, il est donc allé sur le terrain à la rencontre de l’ensemble des habitants et des responsables associatifs et a aussi envoyé des médiateurs municipaux réaliser des opérations de prévention auprès des plus jeunes et de leurs parents.
Par ailleurs, le 30 avril, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est rendu dans la soirée dans le secteur d’Ecquevilly. Accompagné du général de corps d’armée André Petillot, Major général de la Gendarmerie nationale (MGGN), le ministre a quant à lui exprimé son soutien aux forces de l’ordre. Il a déclaré que « ces violences urbaines prennent souvent la forme d’incendies ou de guet-apens pour attirer les forces de l’ordre, ensuite prises à partie par des jets de projectiles ou des tirs de mortiers […] Systématiquement, les militaires de la gendarmerie et les fonctionnaires de police répondent et font rétablir l’ordre ».