Emmanuel Bolle : « On a su convaincre, nous en sommes très heureux »

Élu avec 42 voix d’avance face au maire sortant Ivica Jovic lors du second tour des élections municipales, l’ancien conseiller municipal d’opposition dresse les priorités de son mandat.

Comment se passent vos premières semaines en tant que nouveau maire d’Epône ?
L’avantage, c’est que j’ai été élu pendant six ans dans l’opposition, donc je connaissais quand même pas mal de dossiers. Depuis un mois et demi, je rencontre individuellement chaque agent, cela me prend un peu de temps. C’est important de bien connaître les personnes avec qui on travaille, et de s’assurer qu’il y ait une bonne adéquation entre ce qu’elles font, ce qu’elles ont envie de faire, et ce dont on a besoin pour mettre en œuvre notre projet politique.

Votre première campagne en tant que tête de liste, en 2020, s’était soldée par un échec. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance 6 ans plus tard ?
Ces années dans l’opposition nous ont donné l’opportunité de voir de l’intérieur comment se passait un conseil municipal, de se tenir informé des différents dossiers. Sur l’élection 2026, on avait une équipe qui était plus expérimentée. On a été présents et on s’est battus jusqu’au bout sur le terrain, en restant constants dans nos propositions. On a su convaincre, nous en sommes très heureux.

En quoi incarnerez-vous la rupture avec l’équipe précédente ?
D’une part, la gestion des finances. On avait dénoncé à plusieurs reprises un manque de maîtrise de la trajectoire budgétaire de la commune, qui s’est traduit par une augmentation du taux d’impôt local. Pendant tout le mandat, on avait fait des propositions pour faire des économies sur différents sujets. On n’a jamais été écouté. Alors on a exprimé dans notre campagne ce qu’on avait défendu pendant 6 ans sur cet aspect-là.

Le deuxième élément, c’est la gestion de l’urbanisme qui est un sujet irritant pour beaucoup d’habitants. En 2020, on avait mis en garde sur le fait qu’accorder des permis de construire aux promoteurs pour augmenter le nombre de logements sans anticiper les capacités d’accueil de nouvelles populations, cela crée des difficultés. En 2020, on avait proposé de mettre en place une charte des promoteurs pour leur imposer des contraintes.

Le troisième sujet, c’est la sécurité. En 2024, dans le budget de la Ville, 600 000 euros étaient alloués à la modernisation et l’extension du système de vidéoprotection. L’année suivante, les seules dépenses qui ont été faites, c’était pour un audit sur ce qui fonctionnait encore. Donc il y a eu 0 euro dépensé sur ce budget de 600 000 euros. Nous, on va le faire, d’abord pour la prévention, mais ce n’est évidemment pas suffisant : ce n’est pas avec des caméras qu’on va arrêter les cambriolages, ça se saurait. Mais ça permet quand même, avec les enregistrements qu’on récupère, de faciliter les investigations de la police nationale quand elle réquisitionne les bandes pour rechercher les auteurs de délits.

Quelle a été la première mesure que vous avez prise ?
La réglementation sur l’utilisation des trottinettes aux abords du collège. Le 27 mars, un jeune est tombé tout seul en allant au collège. Il a été emmené par les pompiers, et il est resté quand même deux jours à l’hôpital. La police municipale est venue sur les lieux de l’accident, ils ont regardé la trottinette : elle était débridée à 80 km/h. Il n’avait pas de casque, pas de protection… C’est un mode de transport démocratisé, c’est pratique, mais il y a quand même un réel danger. Tout ça peut se réglementer. Alors on a rappelé dans un arrêté les éléments qui étaient directement issus de la loi : interdit au moins de 14 ans, limitation de vitesse à 20 km/h, casque obligatoire pour les moins de 18 ans, interdiction de circuler sur le trottoir et à 2 voire 3 sur le même engin. C’était du bon sens.

Et quels sont les projets structurants qui vous tiennent à cœur ?
On souhaite développer un LAEP (Lieu d’accueil enfants-parents, ndlr) pour l’accompagnement de la parentalité, notamment pour les parents qui n’ont pas de mode de garde. On veut les aider à accompagner l’entrée dans la vie scolaire de leur enfant.

Et notre grand projet, c’est ce qu’on a appelé les Assises de la réussite éponoise. On veut rassembler autour d’un projet tous ceux qui contribuent à l’éveil et à l’éducation des enfants dans la commune, et ce dès la rentrée 2026. Les services jeunesse, les associations de parents d’élèves, les associations sportives et culturelles, et les directrices d’école. L’idée, c’est de rassembler tous ces gens-là pour dessiner une trajectoire et ouvrir des perspectives à certains enfants qui n’ont pas accès à ces offres ­culturelles. C’est très ­ambitieux.