
Vous vous lancez dans la course à la primaire de la gauche. Mais aura-t-elle bien lieu, cette primaire ?
On verra ! Je n’ai plus aucune certitude : en 2022 et 2024, tout le monde disait que le rassemblement de toute la gauche n’arriverait pas. La proposition qui est sur la table, c’est de faire trancher les citoyens : c’est ça, la démocratie. Si elle a lieu et que je la gagne, je mettrai ça au service du rassemblement, y compris pour aller voir ceux qui n’y auront pas participé. Pour ceux qui veulent l’union et qui ont la trouille au ventre de voir l’extrême droite arriver, ma candidature apporte une pièce à l’édifice. Je suis issu d’une circonscription gagnée grâce à l’union. J’ai une obligation morale : ma circonscription souffrirait d’une élection de l’extrême droite.
N’avez-vous pas peur d’ajouter à la confusion déjà ambiante autour du grand nombre de candidats à gauche ?
Je ne suis pas un fou furieux qui veut être candidat à la présidentielle à tout prix. Si la primaire de la gauche n’a pas lieu, je n’y vais pas, il ne faut pas ajouter à la division.
Comment comptez-vous convaincre les autres partis de gauche de rejoindre ce processus ?
Comme on l’a fait en 2022 et en 2024. Je suis convaincu qu’on a tous le sens de l’histoire. Tout le monde réalisera que face à la menace de l’extrême droite et de la macronie, il y a besoin d’un changement qui ne peut se réaliser que si nous sommes tous unis. Et si Mélenchon doit être le candidat de cette union, ça me conviendrait aussi : je n’ai pas d’obsession contre Mélenchon ou contre LFI.
Qu’est-ce qui vous fait croire que les électeurs de gauche pourraient vous choisir plutôt qu’un autre, plus établi dans le paysage politique français ?
D’abord, en politique, il y a des surprises. Si je suis candidat à quelque chose, c’est pour gagner. Je me vois comme le porte-parole des électeurs du Nouveau Front Populaire qui veulent un vrai projet de rupture pour le pays. Et puis moi, je n’ai pas d’adversaire à gauche. C’est sain d’être en compétition avec des amis, des camarades. Je porterai une ligne claire sur le rassemblement de toute la gauche : je ne défendrai pas un front anti-LFI.
Quelles sont les deux ou trois ruptures concrètes que vous portez et qui vous distinguent des autres candidats ?
Un service public d’aide aux devoirs, une nouvelle étape de réduction du temps de travail, la relance de l’industrie par le réemploi et le reconditionnement… Ce sont des propositions que je serai peut-être le seul à défendre. Et si la primaire n’a pas lieu, je les défendrai autrement. Il faut qu’on soit ensemble et qu’on ait un projet capable de changer les choses et de proposer, un autre chemin pour la société.
Sur les questions économiques, où vous situez-vous par rapport aux autres partis de l’aile gauche ?
Je suis pour une transformation radicale du partage des richesses. Je veux mettre fin à la possibilité de naître milliardaire : ça me paraît d’une indécence et d’une immoralité intolérables. Il faut une mécanique plus juste pour faire contribuer les ultra-riches et alléger la pression sur les classes moyennes et populaires. Je défends aussi un dispositif d’aide aux départs en vacances, pour permettre à toutes les familles de partir s’évader.
En quoi votre rôle de député du Mantois vous a-t-il préparé à ce nouveau rôle ?
Parce que c’est un territoire qui souffre des politiques macronistes, et que je suis pleinement conscient que la victoire du Rassemblement National et leur préférence nationale apporterait une politique d’apartheid. Si des racistes arrivent au pouvoir, l’impact serait direct sur des milliers de familles. Ça me donne une force pour porter ces combats. C’est un territoire qui a gagné deux fois les élections législatives grâce à l’union, qui permet de faire voter des gens qui jusque-là ne votaient pas. Mais je ne renie pas mon engagement local sur le terrain : je resterai évidemment député jusqu’en 2027.