
« Il fallait passer l’étape supérieure ». Depuis un an, l’IUT de Mantes-en-Yvelines et le site Stellantis de Poissy enchaînaient les colloques ensemble pour mieux valoriser les Bachelor universitaire de Technologie (BUT) dans les filières Génie Mécanique et Productique (GMP) ainsi qu’en Génie Industriel et Maintenance (GIM). Mais le 19 mai – avec la signature d’une charte de partenariat – restera un jour particulier pour ces deux entités, certes fondamentalement différentes, mais au but commun : celui de faire rayonner l’industrie. « Elle jouit encore d’une mauvaise image alors qu’elle permet le développement des nouvelles technologies sur les questions du réchauffement climatique ou sociales » estime Benoît Petit, le directeur de l’IUT mantais.
Même son de cloche pour le directeur de l’usine pisciacaise, Éric Haan qui y voit également un moyen de pérenniser son site engagé à se transformer d’ici 2030. En effet, Stellantis a annoncé en avril dernier que l’Opel Mokka et la Citroën DS3 seraient les dernières voitures produites dans la cité Saint-Louis. En contrepartie, des nouvelles activités vont arriver comme la fabrication d’éléments détachés pour l’après-vente ou la transformation de véhicules neufs. Le groupe automobile international s’est donc engagé à embaucher 5 apprentis chaque année et ce, dès la rentrée septembre 2026 dans le but de préparer le renouvellement des générations de ces équipes de maintenance, mais aussi pour les former aux technologies pour les futures installations. « On va démarrer modestement puis on verra si on augmente ce chiffre » précise Éric Haan, qui se fixe d’en embaucher une bonne moitié.
Ces échanges entre le monde industriel et universitaire ne s’arrêteront pas qu’aux étudiants, mais pourront s’étendre au niveau de la recherche. « Nous disposons de sept laboratoires parmi les plus valorisés en Europe » précise Benoît Petit. Stellantis confierait alors des travaux aux enseignants-chercheurs afin de trouver des innovations techniques, une véritable carte à jouer pour survivre dans le monde de l’industrie automobile. « Nos usines font face aujourd’hui à une concurrence plus féroce en interne de l’Europe, et également à l’international. Ensemble, grâce à ce partenariat, on va pouvoir résister » assure Éric Haan.
Le conglomérat franco-italo-américain sera aussi présent au sein de la gouvernance des formations GMP et GIM, « pour analyser les tendances des étudiants et que la formation soit en accord avec les besoins du territoire ». « Avant, on disait qu’on ne pouvait pas avoir une insertion professionnelle profitable avec un BAC+2 ou +3, explique Benoît Petit, ce n’est plus vrai et ça l’est encore moins dans l’industrie avec les métiers de technicien. »
Par ailleurs, Stellantis n’exclut pas à l’avenir d’autres partenariats universitaires avec l’Université Versailles-Saint-Quentin qui gère l’IUT de Mantes-en-Yvelines mais aussi son voisin de l’Institut des Sciences et Techniques des Yvelines (ISTY, basé à Mantes-la-Ville) qui propose des formations d’ingénieur. « C’est un sujet en réflexion », confie Éric Haan, rappelant au passage que « la force ingénieur la plus forte au monde de Stellantis est basée à Poissy ».