« On respire » : les nouvelles urgences de l’hôpital ouvrent enfin

Le Centre Hospitalier François Quesnay de Mantes-la-Jolie a levé le voile sur son nouveau bâtiment des urgences, qui accueille ses premiers patients ce mercredi 3 juin. Capacité d’accueil doublée, meilleur circuit de soin… Ce nouvel équipement doit permettre au personnel médical de travailler dans de meilleures conditions, et donc aux habitants du Mantois (et au-delà) de bénéficier de meilleurs soins.

Cette fois, c’est la bonne. Après une première ouverture envisagée début avril, puis repoussée en raison d’un avis défavorable de la commission de sécurité pour non-conformité des trappes de désenfumage, le nouveau bâtiment des urgences de Mantes-la-Jolie a enfin ouvert ses portes ce mercredi 3 juin.

Si on dit enfin, c’est parce qu’il s’agit d’un projet de longue date : l’agrandissement du service des urgences a été évoqué pour la première fois il y a plus de dix ans, puis travaillé par plusieurs directions de sites puis directions générales, et par quatre chefs de service successifs. « Il fallait que tout le monde soit convaincu que c’était un projet prioritaire pour Mantes, et puis il y avait la question du financement ». Arrivée en 2022 en tant que Directrice générale du GHT Yvelines-Nord, qui comprend l’hôpital mantais mais aussi ceux de Poissy-Saint-Germain et de Meulan-Les Mureaux, Diane Petter met le doigt sur ce qui a enfin débloqué le dossier : le Ségur de la santé, ce vaste plan d’investissement qui a permis de financer le nouveau bâtiment à hauteur de 12,5 millions d’euros, sur les 27,5 millions de coût global, le reste étant financé par un prêt de la Banque des territoires.

Mais alors qu’est-ce qu’on y trouve, concrètement, dans ce nouveau bâtiment ? Déjà, une surface bien plus grande : sur 2 niveaux et avec 4 000 m² de surface totale, le bâtiment regroupe le service des urgences adultes (2 500 m²), l’antenne du Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR, 135 m²) et la chambre mortuaire (380 m²), qui était jusqu’à aujourd’hui située dans le centre-ville. Le service des urgences se dote également d’une zone dédiée à l’imagerie avec un nouveau scanner pour les ­examens non programmés.

Diane Petter était accompagnée des chefs de service, d’élus locaux et de représentants de l’ARS pour la grande inauguration du bâtiment.

Architecturalement, l’ensemble a été pensé pour permettre une meilleure circulation et des conditions d’attente grandement améliorées : fini, l’attente dans les couloirs avant d’être pris en charge, des salles dédiées ont été aménagées à cet effet. Avec le doublement de la surface, les nouvelles urgences peuvent désormais accueillir 48 000 passages annuels contre seulement 23 000 dans le bâtiment historique datant de 1997. Un grand bol d’air pour les soignants et les patients, quand on sait que plus de 36 000 personnes franchissent chaque année les portes des urgences mantaises. « On va pas se mentir, c’était tellement horrible de venir aux urgences… et je dis ça parce que c’était horrible d’y travailler, lâche Béatrice Pellegrino, Vice-présidente de la commission médicale et Cheffe de service pédiatrie. Trop petit, trop entassé… On avait dépassé totalement les fonctionnalités attendues d’un service d’urgences aujourd’hui ».

Pour illustrer les difficultés rencontrées par les soignants, la cheffe du service des urgences Chantal Nguwayo compare le flux constant de patients à… une baignoire. « Le robinet est tout le temps ouvert, avec un sou souvent important. Et puis, on va dire que le tuyau d’évacuation est souvent bouché. Et ça provoque ce qu’on appelle ­l’engorgement. Avant, c’était ponctuel pendant les hivers, mais actuellement, c’est tout au long de l’année. On fait comme on peut. On donne tout ce qu’on a, toute notre énergie. Et puis, quand on rentre à la fin de la journée, on se dit qu’on a tout donné. Même si on part avec une salle d’attente encore pleine, au moins, on a fait notre part ».

Plus d’espaces, meilleure circulation : les conditions d’attente ont été grandement améliorées.

Ce déménagement dans un équipement flambant neuf ne s’accompagne pas d’une hausse des effectifs, qui resteront à 128 équivalents temps plein. Toutefois, pour Béatrice Pellegrino, c’est l’amélioration drastique des conditions de travail à venir qu’il faut retenir. Car pour bien soigner, il faut être bien soi-même. « Quand vous travaillez dans des conditions de travail très difficiles, ça dégrade forcément les soins, même avec la meilleure volonté du monde. Là, on a quand même des espaces de travail plus spacieux. Les chambres de garde sont très proches du service, on a des bureaux à disposition pour se concentrer sur des tâches un peu plus scientifiques, des recherches… C’est aussi des éléments qui sont attrayants pour le personnel. Parce qu’en fait, dans l’ancien bâtiment, où qu’on soit, on sent la pression. Vous voyez ? Vous sortez du box, du couloir, vous tombez sur du monde… Donc là, pour le coup, on respire ! »

Voilà qui devrait donc ajouter un peu d’optimisme et d’espoir pour l’hôpital de Mantes-la-Jolie, en proie à des difficultés financières, mais aussi structurelles (fuites d’eau et infiltrations à répétition). « Éprouvés lors de notre dernière visite de certification par les remarques sur les conditions d’accueil aux urgences, à deux reprises, souvent critiqués sur les réseaux sociaux, nous sommes fiers aujourd’hui de notre réalisation collective pour continuer à assurer les standards de qualité des soins auxquels nous sommes tous attachés, s’est félicitée Diane Petter. Oui, notre dynamique d’amélioration globale est soutenue, et nous remontons le défi chaque jour malgré nos contraintes, que je ne mésestime pas, qui sont réelles, et sur lesquelles nous sommes tous mobilisés. Certes, le centre hospitalier de Mante-la-Jolie connaît une situation financière difficile, mais il fait face, et sait être au rendez-vous pour des projets de modernisation majeure ».

Nul doute que la directrice générale du GHT Yvelines Nord accueillera avec plus de sérénité la délégation de la Haute Autorité de Santé, lors de sa prochaine visite au mois de septembre.