Un nouvel espace de stockage pour le Relais Val de Seine de Chanteloup-les-Vignes

Le Relais Val de Seine inaugurait le 5 juin un nouveau bâtiment qui va lui permettre de stocker les vêtements qu’il trie. Une aubaine puisque son activité ne fait que de croître depuis plusieurs années.

C’est une inauguration pleine de symboles qui a eu le 5 juin au Relais Val de Seine de Chanteloup-les-Vignes. Le rideau, qui servait à dévoiler le nouvel entrepôt de stockage, était fait de plusieurs morceaux de tissus provenant de vêtements triés par les employés de cette entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), et assemblés par leur atelier couture. De plus, au lieu de le faire soulever que par les huiles locales et/ou les financeurs, c’est l’intégralité des participants qui ont tiré sur des fils, divulguant ainsi l’intérieur de ce bâtiment de 1 300 m² déjà bien rempli.

Comme à l’accoutumée, dans les discours se trouvaient les sempiternels mots « joie » et « fierté », mais cette fois-ci, on pouvait comprendre pourquoi Émilie Morand, la dirigeante du Relais Val de Seine chantelouvais, les prononçait. « On a déposé un premier projet en été 2020 » se remémore-t-elle. Le temps que divers dossiers et devis se finalisent, 2022 pointe déjà le bout de son nez. La facture s’élève à 8 millions d’euros mais la crise énergétique passe par là, et ce sont 3 millions supplémentaires qui doivent être trouvés. Finalement, il est décidé de scinder ce projet en deux et de ne construire qu’un ­espace de stockage.

Grâce à la place libérée par cette construction, les espaces de travail du bâtiment principal ont pu être agrandis, une véritable aubaine puisque le nombre de vêtements triés ne fait que d’augmenter. En 2024, ce sont 6 700 tonnes qui avaient été récoltées. L’année dernière, ce chiffre est monté à 7 200. Et pour 2026, cette hausse devrait se poursuivre car les chiffres du premier semestre 2026 sont déjà 5% supérieurs à la même période en 2025. Pour faire face à cette croissance, 30 personnes en insertion professionnelle ont donc été embauchées.

Le rideau a été confectionné grâce au service couture du Relais Val de Seine.

Car c’est la particularité de cette société. Parmi les 200 employés, 130 sont dans cette situation particulière leur permettant de se refamiliariser avec le monde du travail. Ainsi, de belles histoires ont pu être écrites comme celle de Bou, Blessing et Angélique, tous les trois mis en avant lors de l’inauguration. Pour le premier nommé, son expérience dans la manutention lui a « ouvert beaucoup de portes » et permis de décrocher un CDI de cariste dans une autre entreprise. Quant à Blessing, « ce n’était pas facile car j’avais des problèmes de langage » explique-t-elle. Finalement, elle n’a pu contenir ses larmes en annonçant être désormais responsable d’une boutique du Relais Val de Seine. Enfin, Angélique a gravi les échelons petit à petit. D’assistante administrative en 2018, elle a atteint le poste de responsable des ressources humaines six ans plus tard : « Le Relais Val de Seine croit dans le potentiel de l’humain. »

Toutefois, l’entreprise pourrait être menacée par la déferlante de vêtements issus de la fast fashion. « Sur les 3,5 millions de pièces qui arrivent en France, 1/3 sont traités par l’ESS résume Benoît Hamon, président de l’ESS France, l’association représentative des acteurs et réseaux de l’économie sociale et solidaire française. Le Relais pourrait ne pas réussir à tenir la cadence. » Une proposition de loi va être prochainement étudiée en commission mixte paritaire afin d’établir des mesures protectionnistes. Emilie Morant reste confiante malgré tout et nous donne rendez-vous dans 3 ans pour inaugurer la prochaine ­extension.