Le comité régional de la Fédération Française de Jeu Vidéo pose ses manettes à Verneuil-sur-Seine

La Fédération Française de Jeu Vidéo (FFJV) va créer son troisième comité régional en Île-de-France, et celui-ci sera basé à Verneuil-sur-Seine. Une implantation qui n’a rien du hasard, et qui promet de faire grandir la scène esport amateur francilienne.

C’est une annonce qui en dit long sur le chemin parcouru par Verneuil-sur-Seine dans l’univers du numérique. La commune des Yvelines accueillera prochainement le comité régional Île-de-France de la Fédération Française de Jeu Vidéo (FFJV), structure nationale fondée en 2013, et dont la mission est d’accompagner et structurer les clubs et associations d’esport amateurs à travers ­l’Hexagone.

Fabien Aufrechter, maire de la commune, confirme que le premier contact est venu de la fédération elle-même, attirée par la réputation naissante de Verneuil dans le milieu. « Ils nous avaient approchés parce qu’ils avaient entendu parler de notre forum esport. Dès qu’on s’est rencontrés, on parlait la même langue ». Mais pourquoi Verneuil plutôt qu’une grande ville comme Versailles ou Paris ? La réponse de Tristan Brandily, président de la FFJV, est sans détour. « Plus c’est petit, plus on a une échelle humaine. À Paris, atteindre le maire ou ses adjoints, c’est très compliqué. Et les grandes villes ont déjà énormément de projets ». La Ville, de son côté, mettra à disposition ses infrastructures existantes (espace jeunes, fab lab, salles municipales) sans qu’un local dédié ne soit nécessaire dans un premier temps. « Ce qu’ils ont besoin, c’est de s’intégrer dans des infrastructures existantes et de pouvoir faire de l’événementiel. Et nous, l’événementiel, on sait faire », résume le maire.

Concrètement, les missions du futur comité couvrent trois axes. Le premier est l’accompagnement administratif et juridique des associations et clubs amateurs du territoire, de la gestion financière aux dossiers de subvention en passant par les statuts. Un soutien précieux dans un milieu où, comme le souligne Tristan Brandily, « beaucoup de clubs fonctionnent en marge des obligations légales de la loi 1901 ». La deuxième priorité est la prévention et la sensibilisation au bon usage du jeu vidéo, auprès des établissements scolaires, des médiathèques et des services jeunesse. Et non, insiste son président, de simples campagnes anti-addiction. « C’est la promotion du bon jeu à la bonne personne. Un enfant de 8 ans n’a rien à faire sur Fortnite, qui est classé PEGI 12 ». Le troisième, enfin, est la compétition, avec l’organisation de qualifications régionales menant au championnat fédéral national.

Ce partenariat devrait aussi transformer en profondeur l’événement esport annuel que la ville organise depuis plusieurs années. La dernière édition, le 14 février dernier, avait rassemblé plus de 300 personnes. Avec l’expertise de la FFJV, peut-on s’attendre à une montée en puissance ? « Je pense même que le mot est faible, confie Fabien Aufrechter. On va sans doute transformer les choses et leur laisser une grande part de la main ».

Administrativement, le comité devrait être officiellement constitué d’ici la fin du troisième trimestre 2026. Les statuts sont en cours de finalisation, et le dossier sera déposé en préfecture des Yvelines dans les prochaines semaines. Tristan Brandily vise une dizaine à une quinzaine d’associations affiliées d’ici fin 2027, contre quatre ou cinq clubs fondateurs au départ. L’objectif n’est pas de chiffrer à tout prix, car « chiffrer des objectifs, c’est avoir une mentalité lucrative », comme il le dit lui-même. Mais la dynamique, elle, est bien enclenchée : Verneuil-sur-Seine pourrait bien devenir, pour reprendre les mots de son maire, « un épicentre du jeu vidéo sur le secteur ».