« Mourir de cette manière… » Ce village yvelinois est endeuillé par un féminicide

Une marche blanche était organisée le 21 juin dans la commune de Gaillon-sur-Montcient afin d’honorer la mémoire de Laurence, tuée par son compagnon trois jours plus tôt. Les habitants de ce village de 700 âmes ne réalisent toujours pas.

La chaleur avait annulé bon nombre de festivités du week-end, mais de toute façon, Gaillon-sur-Montcient n’aurait absolument pas eu la tête à cela puisque la commune a été touchée par un féminicide. Dans la nuit du 18 au 19 juin, Laurence a été lâchement assassinée par son concubin Sylvain. Non pas après une violente dispute qui aurait pu mal tourner, non, il a attendu qu’elle soit en train de dormir pour la poignarder à plusieurs reprises. Ce salarié d’Orange s’est ensuite rendu de lui-même à la police le lendemain matin après avoir erré dans les rues du village toute la nuit.

Christelle, la cousine de la défunte, n’a pas voulu y croire quand on lui a annoncé la nouvelle le vendredi soir. « J’étais au restaurant, je reçois un texto de ma tante. Au début je pensais que c’était une erreur à cause des piratages de téléphones » se remémore-t-elle avec émotion. Puis c’est son mari qui est appelé. Lorsque celui-ci se prend la tête entre les mains, Christelle commence à prendre conscience de la gravité de la situation. « On peut mourir d’une maladie, d’un accident, mais pas d’une telle horreur. Comment a-t-il pu faire ça ? lâche-t-elle dans un souffle. C’était un pervers narcissique. Il pouvait être méchant en parole mais pas en acte. »

Cela faisait plus de 30 ans que le couple de sexagénaire sans enfant était ensemble. Ils avaient d’abord emménagé à Verneuil-sur-Seine puis s’étaient installés à Andrésy durant dix ans avant d’atterrir à Gaillon-sur-Montcient en 2015. « Lolo », le petit sobriquet dont elle était affublée dans tout le village, était une « personne solaire ». « Elle adorait chanter. C’était un vrai jukebox. Un mot et ça partait » assure sa cousine. Assistante administrative à l’espace territorial des Mureaux, elle avait l’habitude de sortir seule pour rejoindre ses amies à l’aquagym ou participer aux animations locales comme le tournoi de pétanque organisé la veille de son assassinat. « Heureusement qu’elle faisait cela car Sylvain préférait rester chez lui » grince Christelle.

Les habitants de Gaillon-sur-Montcient pouvaient laisser des messages de condoléances.

La municipalité a décidé d’organiser une marche blanche en hommage à « Lolo » le 21 juin. De nombreux habitants ont ainsi pu déposer des bougies ou laisser des messages de condoléances comme Martine, « pour ma douce Lolo, te dire ô combien on t’aime », ou Nicole « tu resteras toujours dans mon cœur ». L’édile gaillonnaise, Véronique Pipeau, est obligée de réciter ses notes, toujours abasourdie par ce tragique événement : « C’est toute la communauté qui est touchée, On ne t’oubliera jamais. » Christelle a ensuite pu activer la visio de son téléphone pour que les parents de la défunte, résidant dans le Vaucluse, puissent assister à la cérémonie qui a réuni environ 200 personnes.

Ce drame a également ému les communes des alentours. Damien Vignier, le maire des Mureaux, tout comme celui d’Evecquemont, Christophe Nicolas, sont venus soutenir leur homologue de Gaillon-sur-Montcient. « On ne peut pas rester insensible à tout cela » explique le successeur de Damien Vignier. Tout le monde attend désormais l’enquête, ouverte par le parquet de Versailles et confiée à la division de la criminalité territoriale (DCT) pour découvrir les raisons qui ont poussé Sylvain à agir de manière aussi lâche.