« On ne tourne pas le dos à la ville de sa vie » : Karl Olive est candidat aux élections municipales

Hasard du calendrier ou pas, le député de la 12ème circonscription annonce sa candidature à la Mairie de Poissy, quelques jours seulement après un conseil municipal houleux qui a vu la majorité se fracturer. L’ancien édile constate une « dégradation » de la cité Saint-Louis et fera donc face à son ancienne adjointe et actuelle maire, Sandrine Berno dos Santos.

Quelles raisons vous poussent à vous présenter aux prochaines ­élections municipales ?
Depuis deux ans, il y a ce que j’appelle une dégradation du peuplement de Poissy. Ce n’est pas une question d’origine, de couleur de peau ou de religion, c’est une question d’équilibre social et territorial. On a aujourd’hui des populations qui viennent à Poissy car elles sont éligibles aux logements sociaux et non par envie. Cela créé des grosses difficultés du bien-vivre ensemble, y compris dans les quartiers populaires. Maintenant, à 4 heures du matin, c’est la discothèque à ciel ouvert, on ne peut rien dire sans se faire insulter. Cela entraîne une dégradation du commerce parce que ces populations préfèrent la restauration rapide. La valeur immobilière dégringole aussi. On est sur un cercle vicieux qui est en train de se mettre en place. J’avais alerté Sandrine pour qu’elle soit ­vigilante sur ce sujet.

Votre rôle de député vous a-t-il lassé ?
J’aime beaucoup mon poste de député. Je suis ravi, par exemple, d’avoir modestement permis aux « puff » d’être interdites en France, d’avoir participé à la création de l’homicide routier et d’avoir été rapporteur de texte sur les rapatriés d’Indochine… Mais on ne tourne pas le dos à la ville de sa vie quand celle-ci est dans une situation compliquée.

En 2022, y avait-il un pacte lors de la passation de pouvoir avec ­Sandrine Berno dos Santos ?
Volontairement, je ne suis pas resté au conseil municipal pour permettre à Sandrine de faire ce qu’elle avait à faire. Dans ce contrat de confiance-là, je n’avais pas vocation à revenir. ­Toutefois, ce n’était pas un chèque en blanc.

Quel est votre projet pour 2026 ?
J’aimerais créer un pôle santé sur des sujets importants comme la santé mentale, les maladies dégénératives et la ménopause. La municipalité servira de porte d’entrée. Concernant l’éducation, j’aimerai raser le centre Vanpoulle qui a été incendié afin de le reconstruire. Il sera conventionné avec le futur collège de l’éco-quartier Rouget de l’Isle. Des projets immobiliers vont également être gelés et suspendus. Nous avons suffisamment construit et les autorisations seront chirurgicales. Tout cela ­permettra de bâtir le Poissy de 2035.

On vous accuse de bordéliser le conseil municipal et d’être à l’origine de la scission de la majorité…
C’est un signe de bonne santé. En 2011, l’opposition de gauche m’accusait de tous les maux, nous avons fait 62 %. On a dit que j’étais derrière la candidature de Fatiha El Masaoudi, ce qui est très dégradant pour elle. Elle avait réalisé un très bon mandat entre 2014 et 2022 et n’a besoin de personne pour s’engager. Je pense que le jeu qui consiste à envoyer toutes les responsabilités sur un même homme, systématiquement pour tout et n’importe quoi, ce n’est pas le bon filon. Néanmoins, j’ai une part de responsabilité dans la fracture de l’équipe municipale car je les ai tous choisis.

Ces dissidents vont-ils vous ­rejoindre ?
Tout le monde est le bienvenu. Il y aura des visages nouveaux et surtout compétents avec comme qualité principale l’envie de travailler pour Poissy. Je donnerai la composition d’équipe quand le projet collaboratif vu avec l’ensemble des habitants sera défini. Le fond doit venir avant la forme.

Votre condamnation pour prise illégale d’intérêts ne risque-t-elle pas de fragiliser la confiance des Pisciacais à votre égard ?
J’assume complètement d’avoir promu un collègue parce que c’était le meilleur dans ses compétences. Et ni le contrôle de légalité, ni le conseil municipal, ni le Préfet n’y ont vu une quelconque difficulté. On lui doit, en partie, l’arrivée du PSG. Il n’y a pas d’enrichissement personnel et aucun favoritisme. Actuellement, un sondage IFOP me place en tête à 35 % au premier tour. Madame le maire n’arrive qu’en troisième position derrière la gauche. Il y a également eu « l’appel des 100 » qui représente en réalité plus de 350 personnes. Je ne suis pas derrière chaque Pisciacais qui s’exprime avec un ­pistolet sur la tempe.