Catherine Arenou : « Un mandat plus tourné vers l’humain »

La maire chantelouvaise part à la conquête d’un quatrième mandat. Si celui-ci sera marqué par l’inauguration de la cité éducative Simone Veil, Catherine Arenou promet la poursuite de la transformation de sa commune en misant sur l’aspect humain.

Après 16 ans en tant que maire, quel regard portez-vous sur votre ­commune ?
Ce territoire a bien avancé, nous sommes passés de 82 % de logement sociaux à 44 % sur cette période. La jeunesse est devenue plus autonome et plus libre de son avenir. Mais j’ai le sentiment qu’il y a encore plein de choses à effectuer. Il y a un équilibre à retrouver et je voudrais surtout que Chanteloup redevienne une ville normale, c’est-à-dire que ceux qui viennent et que ceux qui y restent ne le fassent pas par défaut mais par envie. Et qu’ils soient attirés par la Cité éducative Simone Veil.

Venons-en au fait : que va-t-elle apporter à la ville ?
C’est l’évidence portée par tous. Toutes les parties prenantes de l’éducation devront se l’approprier, que ce soit les parents d’élèves, les professeurs, les éducateurs. C’est un travail qui a déjà commencé depuis 2016 et qui doit se poursuivre. Les nouveaux arrivants seront aussi concernés. De plus, cela va changer radicalement la vision de la commune car la Cité éducative va reconfigurer le centre de la ville. Je me souviens que le DASEN (Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale) de Versailles s’inquiétait pour nous. Il avait dit « avec un projet comme celui-ci, vous ne vous rendez pas compte, vous n’avez pas peur d’avoir une influence terrible parce que les gens voudront venir à Chanteloup rien que pour ça ? ». Le jour où je suis confronté à cette dure réalité d’un excès de succès, je pense que je saurai le gérer.

Hormis cela, quels seront les autres projets ?
Maintenant que nous avons fini notre projet de rénovation urbaine, nous pouvons construire et proposer d’autres types de logements. Même si cela sera fait d’une façon extrêmement volontariste, cela ne sera pas la porte ouverte à tous les promoteurs. Il y a une vraie logique avec un peuplement ciblé, notamment les jeunes couples avec deux salaires et un premier enfant et qui viennent faire leur premier achat. 250 logements arriveront prochainement.

Par ailleurs, les deux derniers mandats ont été des mandats urbains donc nous axerons plus sur l’humain. Comment tous ces nouveaux équipements publics et tous ces aménagements serviront le territoire ? Chaque Chantelouvaise et Chantelouvais peut se sentir porté par cette ­mission de ­transformation.

Dernièrement, il y a eu des tags injurieux envers vous et des membres des forces de l’ordre. La sécurité est aussi un enjeu ?
Il n’y a pas eu que les tags. Nous avons eu trois nuits difficiles lors des émeutes liées à la mort de Nahel, dont une où le commissariat et le territoire d’actions départementales ont été brûlés. Nous avions réussi à limiter les dégâts en étant présents, même à 4 h du matin. Le réseau associatif chantelouvais et la solidarité chantelouvaise ont fait que tout cela s’est arrêté le samedi. Notre vrai boulot, c’est faire de la prévention et on va continuer à le faire.

Vous avez été élue deux fois et au premier tour, comment abordez-vous les prochaines échéances ?
Les élections, c’est d’abord de l’humilité car il y a ce qu’on a le sentiment d’avoir fait, et ce qui est perçu. Par exemple, je ne communique pas très bien sur nos réalisations parce que je remplace souvent la communication par le travail. Donc à chaque fois, c’est un challenge et l’occasion de se remettre en question.

En cas de réélection, vous aurez 78 ans à la fin du prochain mandat. Est-ce que vous préparez le terrain pour d’éventuels ­successeurs ?
Il le faut, cela fait 3 mandats que je le souhaite ! Puisqu’on prépare les habitants à prendre en main leur destin, on prépare les élus à en faire de même. Tout ce qui existe, tout ce qui s’est fait sur Chanteloup, et toute la volonté que les uns et les autres ont de venir partager cette histoire-là contribuent au fait que l’avenir est préparé. L’avenir ce n’est pas une tête ou une autre et ce n’est même pas la mienne.