
Qu’est-ce qui vous pousse à vous représenter ?
J’ai pris le temps d’abord de la réflexion afin de faire le point sur les questions d’ordre familial. Ayant engagé un projet d’adoption, c’était pour moi un facteur déterminant pour connaître ma disponibilité pour m’engager dans un nouveau mandat. Il est évident que si j’avais eu la possibilité de le faire avant les élections, je me serais posé la question de me représenter. Aujourd’hui, j’ai la conviction que la ville a besoin de continuité, de stabilité, puis surtout de sincérité.
Régulièrement, vous vous faites chahuter par votre opposition ou sur les réseaux sociaux. Comment cela vous affecte-t-il ?
Tout le monde est libre de dire « Eddie Aît est un maire nul ». En revanche, et je l’avais relayé lors de la campagne de l’AMF (association des maires de France, Ndlr) « Osez l’engagement », si mes opposants ont quelque chose à dire ou à porter, qu’ils montent des listes. Et puis après, ils se confronteront à la réalité de la gestion, de la recherche du compromis…
Le président de votre comité de soutien est Célestin Mendes, ancien champion de Muay-thaï. Qu’est-ce qu’il peut vous apporter ?
On s’est rencontrés l’année dernière et j’ai découvert un homme avec plein d’étincelles dans les yeux, ayant une carrière folle, et qui me disait « je veux revenir dans ma ville ». Il me racontait les camps d’entraînement en Thaïlande, les précarités qu’il a connues. Et je trouvais que ce parcours de vie un peu d’écorché et en même temps récompensé méritait d’être mis en valeur. Il a été le parrain de divers événements et chemin faisant, on a vu qu’on avait des valeurs partagées. Je lui ai donc proposé d’être partie prenante de la campagne et il a dit oui tout de suite pour présider le comité de soutien. Je pense même qu’en cas de victoire, il occupera une place importante car je lui ai proposé d’être élu.
Est-ce qu’il y a une différence entre le Eddie Aït du premier mandat (2008-2014) et le Eddie Aït du deuxième mandat ?
Je suis chargé d’ans et d’expérience. J’ai vécu la fin de l’âge d’or des maires. Nous n’étions pas dans cette dépression que connaît le pays avec les grands risques environnementaux ou les annonces de fin du monde permanentes. Cependant, j’aime cette manière dont on entraîne la transformation avec mon équipe, dont certains sont là depuis 2008. Carrières-sous-Poissy a pris 5 000 habitants, c’est une vraie commune qui a pris sa place dans le territoire. Ce n’est ni la petite sœur de Poissy, ni la cousine éloignée de je ne sais où. Elle a ses usages, ses habitants et leurs revendications.
Avec votre liste « Agir pour Carrières », comment comptez-vous y répondre ?
Nous devons faire face à plusieurs défis. Tout d’abord sécuritaire, car ces familles, il faut les mettre à l’abri. On va demander la possibilité d’expérimenter l’usage des drones pour lutter contre les rodéos. Nous souhaitons également créer une brigade motorisée pour la police municipale.
Ensuite, pour prendre en compte la démographie, il y aura la construction des deux écoles ainsi que le lycée. La Région vient d’ailleurs de voter 17 millions d’euros sur les 87 nécessaires. Enfin, la question de l’écologie sera centrale. Comment on travaille sur les rénovations thermiques, sur les réductions d’îlots de chaleur, la création d’îlots de fraîcheur et une alimentation plus saine ? Nous comptons beaucoup sur la ferme aquaponique de la boucle de Chanteloup, puisqu’elle va fournir 80 % de sa production à la sphère locale. Nous travaillons déjà avec eux pour négocier les marchés pour les cantines dès la rentrée prochaine.
Vous militez également pour un statut communal de parents solo.
Le conseil d’installation verra la création d’un statut communal pour les 1 300 parents solos qui ont des enfants âgés entre 0 et 25 ans. Elles nécessitent un accompagnement spécifique et une prise en compte dans la vie communale. Avec ce statut, ils pourront bénéficier d’achats groupés d’énergie, des tarifs négociés pour l’assurance automobile et l’assurance habitation, ce qui préservera leur pouvoir d’achat.