
Michel Lebouc entend déjà les ballons rebondir et les encouragements venant du haut des gradins. Le maire de Magnanville était tout heureux le 20 février lors de l’inauguration de la nouvelle halle des sports. D’un côté, on peut le comprendre. Situé à l’intérieur du complexe Firmin Riffaud, ce bâtiment flambant neuf s’étale sur 4 000 mètres carrés et permet donc de jouir d’une salle omnisports, d’une salle de gymnastique et d’une salle multi-activités. Pourtant, au lieu de profiter pleinement de son nouveau joujou, le maire de la commune en a profité pour égratigner son opposition municipale. « Ils sont contre tout » résume-t-il.
Les griefs du Collectif magnanvillois ne tenaient qu’en deux points : l’absence de concertation lors du démarrage du projet, et le financement. Dylan Guelton et ses colistiers réclamaient une étude pour rénover le gymnase complètement vétuste et se trouvant à quelques mètres de là, à l’instar de ce que Montigny-le-Bretonneux a décidé pour son centre sportif Coubertin. « Quand il pleut dehors, il pleut dedans, avance Michel Lebouc. Et chaque année, la facture énergétique atteint les 100 000 euros pour chauffer qu’à 16 degrés. » Toutefois, il semblerait que cette hypothèse soit rapidement tombée à l’eau. Certaines associations de la ville – comme le Magnanville Basket-Ball – ont besoin de gradins pour accueillir des événements sportifs de qualité, ce dont ne dispose pas l’actuel gymnase.
« Le comité des Yvelines de basket-ball organise chaque année un rassemblement de mini-basket, explique son président Arnaud Aubergeon. Et l’année prochaine on pourra postuler pour recevoir la finale de la coupe des Yvelines. » Cependant, malgré les possibilités de croissance rendues possibles grâce à ce nouvel écrin, il n’en profitera pas pour gonfler ses effectifs : « Mon but est de proposer des cours de qualité. Pas de faire du chiffre avec plus de licences. »

Par ailleurs, il n’y a pas que les associations magnanvilloises qui pourront profiter de ces nouveaux espaces. Une convention de partenariat a été signée avec la commune voisine de Mantes-la-Ville pour sa section de gymnastique. En contrepartie, il en sera de même pour celle magnanvilloise des sports de combat dans le futur gymnase Aimé Bergeal prévu pour fin 2027. « D’autres partenariats avec les villes des alentours sont en cours d’étude » révèle Michel Lebouc. Reste le sujet du financement donc.
Lors des estimations pré-covid, la halle des sports devait coûter un peu moins de 7 millions d’euros. Dorénavant, la facture s’élève à près de 12 millions et la Mairie a contracté un emprunt de 4 millions d’euros. Un détail balayé d’un revers de la main de la part de l’édile. « Une ville qui n’investit pas est une ville qui se meurt » assène-t-il, rajoutant de surcroît que l’endettement sera minime « pour une infrastructure censée durer 40 ans ».
Le passage de témoin entre les deux bâtiments commencera à partir du 9 mars. Les premières activités transférées seront celles effectuées sur le temps scolaire. Et une fois tous les créneaux remplis, il sera temps de dire adieu au gymnase car celui-ci est promis à la destruction.