Stephan Noiran : « Être maire, c’est être l’avocat de la commune »

Le propriétaire du château d’Hardricourt se lance à la conquête de la Mairie. Ancien basketteur professionnel et avocat en fusion-acquisition, Stephan Noiran souhaite donner un nouvel élan dans la commune où il réside depuis 13 ans.

NOAH

C’est la première que vous vous engagez politiquement. Pouvez-vous nous raconter votre ­parcours ?
J’ai grandi à Verneuil et j’ai rapidement été détecté par le Poissy Basket parce qu’à 15 ans je mesurais déjà 1,98m. Ensuite, dès l’année suivante, je me suis retrouvé en sport étude à Sceaux où j’ai joué jusqu’en Pro B (deuxième division de basket, Ndlr) avec eux. En parallèle de cela, je poursuivais mes études à la fac et j’ai obtenu mon diplôme d’avocat, profession que j’exerce au sein du cabinet Keysington, dans la ­spécialité fusion-acquisition.

Vous êtes également le propriétaire du Château d’Hardricourt.
En revenant des États-Unis en 2010, nous cherchions à revenir en région parisienne et ma femme est tombée amoureuse de ce château tombant en ruine qui allait être vendu aux enchères. Elle y voyait du potentiel alors que moi j’y voyais des problèmes. Albanne a remporté la mise face à un promoteur immobilier qui souhaitait sûrement le détruire pour en faire des logements et après 10 ans de travaux, c’est une affaire qui tourne bien.

Les potentiels électeurs peuvent vous voir comme un châtelain. Est-ce un problème ?
Pour nos détracteurs oui. Nous l’avons tout de suite dit pour finalement nous le voir être reproché. Alors que je suis sûr que si nous l’avions caché, les critiques auraient également fusées. En plus, nous ne sommes pas des héritiers. Et nous sommes intégrés à la commune où nous organisons chaque année le bal des CM2. De plus, au sein de notre liste se trouvent des personnes hardricourtoises ­depuis plusieurs dizaines d’années.

Vous avez annoncé votre candidature fin janvier. Pourquoi avoir pris autant de temps ?
Nous avons rencontré les deux autres candidats : d’abord Alexandre Louis puis Angelique Monteiro-Mendez, début janvier. À la fin de cette soirée, nous nous sommes convaincus qu’il fallait qu’on se lance. Ces deux listes sont en totale continuité avec Yann Scotte alors qu’il faut une vraie alternance. D’autant plus que nous sommes à la croisée des chemins : ce mandat va être crucial.

Quelles sont donc vos priorités ?
On connaît les problématiques de la ville. Le vrai reproche actuellement est l’urbanisation incontrôlée. Avant d’avoir de nouveaux habitants, nous devons retrouver l’âme village qui caractérisait Hardricourt. Il faudrait plus d’événements fédérateurs comme l’ancienne brocante du 1er mai.

L’arrivée d’Éole sera très impactante et si nous ne sommes pas prêts pour cette restructuration, nous allons la subir. Il n’y a qu’à voir comment le RER A et B ont transformé la région. La circulation est un gros point noir avec le pont de Meulan qui mériterait de finir dans les livres d’histoire. Nous devons réfléchir à comment implanter des liaisons douces d’Hardricourt jusqu’à la gare des Mureaux. Il faudra alors des box pour ranger son vélo en toute tranquillité et le récupérer le soir pour aller chercher ses enfants ou faire ses courses. Les poids lourds pourrissent aussi la vie de la commune. Là encore, nous devons en parler avec les préfets du Val-d’Oise et des Yvelines pour prendre les bons ­arrêtés.

Vous proposez plein de projets mais la conjoncture économique s’annonce rude.
C’est une composante à prendre en compte en effet. Les subventions iront sur les projets les plus crédibles et les mieux montés. À nous d’être convaincants et c’est pour cela que ma liste est structurée autour de personnes avec des compétences sur l’architecture, la sécurité…

Dans votre profession de foi, on sent un peu d’animosité envers certaines instances. Qu’en est-il réellement ?
Être maire, c’est être l’avocat de la commune. Ce n’est pas parce que nous sommes petits (Hardricourt compte environ 2 500 habitants, Ndlr) que nous n’avons pas voix au chapitre. Ce sera évidemment de la négociation en bonne intelligence. La communauté urbaine, le Département, ces institutions imposent une certaine réglementation. J’ai senti du fatalisme chez mes concurrents alors que moi je vois cela comme un outil. Quand un client vient avec un problème, je ne me vois pas lui dire que je n’ai pas de solution.