Avec son association, il recherche des médecins pour les déserts médicaux

Lounes Malache et son association « Restons debout santé » aide des maisons médicales à trouver des médecins généralistes. Une aubaine pour des villes à l’offre de santé restreinte.

La désertification médicale est une problématique qui touche tout le territoire national. Mais localement, certains tentent d’endiguer ce fléau comme l’association « Restons debout santé ». Créée en 2023, elle est le fruit de la rencontre entre le docteur Jibril Assani, Kevin Semi, infirmier de profession, et Lounès Malache, le fondateur de cette association mantaise. Les trois compères ont constaté que l’attractivité de la médecine libérale était en chute libre dans des zones comme Mantes-la-Jolie ou les Mureaux, la faute à plusieurs facteurs dont la lourdeur des tâches administratives qui prennent de plus en plus de temps : « On a vu une évolution des mentalités, ils veulent moins travailler et surtout plus vraiment seul. »

Lounes a donc une idée : « Souvent, les médecins effectuent des gardes de 24 h dans les hôpitaux, en moyenne 2 fois par semaine. Le reste de la semaine, ils peuvent être présents au sein d’une maison médicale. » Le Mantais leur propose ainsi de devenir salariés, et, pour rendre son concept attractif, il rembourse tous les frais réels, c’est-à-dire le trajet, la nourriture et même les nuitées. Le médecin généraliste peut alors officier dans une des quatre maisons de santé où l’association est installée : Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville, les Mureaux et la dernière en date, Épône. Dans ces structures, il y a donc un médecin généraliste qui peut servir de médecin traitant et un médecin d’urgence au cas où.

Tout est optimisé pour que le médecin généraliste puisse voir un maximum de patients. Lorsqu’il arrive, la secrétaire s’occupe des renseignements généraux, l’infirmier effectue la batterie de tests nécessaires et finalement, le professionnel de santé ne réalise que la consultation. Pour le moment, Restons debout santé ne touche aucune subvention de l’ARS car son projet est beaucoup trop récent. Mais Lounès espère bien démontrer la fiabilité du modèle qu’il propose : « Cela nous servira ensuite à acheter du matériel pour encore plus faciliter le quotidien des médecins. »

Par ailleurs, il ne souhaite pas rentrer en concurrence avec les hôpitaux : « On les paye au même tarif que s’ils étaient en hôpital. Contrairement aux boîtes d’intérim qui surfacturent et qui les envoient dans toute la France. » Autre point qui permet de conserver de bonnes relations avec le milieu hospitalier : la dizaine de médecins gérés par Restons debout santé n’a pas vocation à s’installer définitivement dans une des maisons de santé, c’est presque l’inverse, « eux leur intérêt c’est de les faire travailler dans de bonnes conditions ».

Sur du moyen terme, le Mantais aimerait ouvrir de nouvelles permanences médicales mais plus dans des petites ruralités. Il y en a d’ailleurs une en négociation aux Alluets-le-Roi. En effet, Lounes Malache part du principe qu’une offre de soin plus complète dans les petites villes peut désengorger les plus grandes et ainsi, que tout le monde soit traité de la meilleure des manières.