
La santé mentale est un sujet important pour Bertrand Menay, le président du tribunal de Versailles. Cinq ans et demi après sa nomination dans l’établissement de justice de la Ville-Préfecture, et à quinze jours de son départ pour la cour d’appel de Lyon, voilà qu’il signe enfin une convention de partenariat entre son instance et le centre hospitalier intercommunal Poissy-Saint-Germain (CHIPS) le 21 mai. « C’est une première en France, du moins de cette manière » insiste Bertrand Menay.
Ce dispositif a pour finalité d’assurer un accès au droit aux patients pris en charge pour des soins psychiatriques et/ou faisant l’objet d’une hospitalisation pour soins sans consentement grâce à la venue sur place d’un avocat spécialisé sur ses sujets. « Ce sont des pathologies très invalidantes qui se déclarent dès l’adolescence et par conséquence ce sont des personnes très marginalisées » explique Pascal Grandin, psychiatre au CHIPS. « Ces hospitalisations peuvent entraîner des changements dans la vie de ces personnes et notre objectif est d’aller vers elles » ajoute le Bâtonnier au Barreau de Versailles, Thierry Voitellier.
Les permanences commenceront dès début juillet et auront lieu une fois par mois pour une durée de trois heures. Le premier mardi ou jeudi à Poissy, et le premier mardi ou mercredi à Saint-Germain-en-Laye. Il a fallu effectuer quelques aménagements dans les établissements de Poissy et de Saint-Germain-en-Laye pour assurer la confidentialité des échanges dans les enceintes psychiatriques ainsi que la sécurité des avocats (présence d’un téléphone fixe avec une touche raccourci pour les appels d’urgence). Cela vient compléter l’aide apportée par les travailleurs sociaux. « Ils donnent des informations et aiguillent vers des intermédiaires, les avocats, eux, peuvent conduire des actions » indique Bertrand Menay.
Par ailleurs, l’avocat ne se déplacera sur site que si au moins un rendez-vous est positionné. Mais sur ce point, Diane Petter, la directrice du Groupement Hospitalier de Territoire Yvelines Nord, ne se fait pas de souci. « Au début ça démarre toujours doucement et après il y a le bouche-à-oreille » assure-t-elle. « Il y a aussi ceux qui disent à leur psychiatre « tiens j’ai vu l’affiche ». Cela signifie qu’ils commencent à y réfléchir mais ne sont pas prêt à franchir le pas » renchérit Pascal Grandin.
Un premier bilan sera effectué au bout de six mois afin de mener des actions correctives derrière. Un autre se tiendra également au bout d’un an et pourrait donnait lieu à une augmentation du nombre de rendez-vous. Cette convention est conclue pour une durée de deux ans.Ce n’est pas la première fois que le tribunal de Versailles instaure des permanences particulières pour des personnes fragiles. En effet, depuis décembre 2024, une permanence inclusive avec des avocats formés pour la communication avec des personnes présentant un handicap est présente le vendredi matin.