Démystifier les enchères avec cette experte-priseuse yvelinoise

Dans le cadre des journées Marteau, Camille Dutot, de la maison de vente Millon, organisait plusieurs ateliers à la maison Zola de Médan du 28 au 29 mai. Un moyen de mieux comprendre l’univers de la vente aux enchères.

Camille Dutot le reconnaît aisément, si on peut rapidement développer une addiction pour les ventes aux enchères – il n’y a qu’à faire un tour à l’hôtel Drouot (Paris IXe) où chaque salle pourrait être intégrée à un musée – tout comprendre n’est pas chose aisée. « C’est un métier et un milieu insolite » concède la salariée de la maison de vente Million, connue pour avoir vendu un maillot de Maradona que le Pibe del Oro a porté durant la demi-finale du Mondial 1986. Pour commencer, celles et ceux qui souhaiteraient devenir commissaire-priseur doivent déjà être détenteur d’une double licence en droit et en art pour avoir le droit de présenter le concours…

Ensuite, il y a quelques règles à respecter lorsqu’on s’apprête à acquérir un objet. La plus connue, celle ne pas se mettre au premier rang, afin de scruter les éventuels autres enchérisseurs, même si, désormais, la vente en ligne permet de se cacher derrière un écran. Cependant, Camille Dutot préconise de ne jamais acheter en se basant que sur des photos. « Les objets sont exposés pendant plusieurs jours et on a le droit de les toucher et de les scruter » explique-t-elle.

80 % du prix de l’enchère revient au vendeur.

Après plus de 10 ans dans ce secteur, l’experte-priseuse s’est spécialisée dans l’art primitif et les tableaux. Dans le cadre des journées Marteau, organisée par le SYMEV (Syndicat National des Maisons de Ventes Volontaires), elle tenait un stand dans le parc de la maison Zola, à Médan le 28 mai. Là, devant Maggy et Pierre, venus de Meulan-en-Yvelines exprès, Camille Dutot a pu faire parler son œil d’experte. Tout d’abord, en analysant sous toutes ses coutures une montre Cartier datant des années 30, toujours son écrin d’origine et avec son certificat d’authenticité. « Ce sont les deux éléments les plus importants, indique la salariée de la maison de vente Million, il n’y a pas de vente si l’état n’est pas impeccable. » Après expertise, Maggy pourra obtenir au moins 3 000 euros de cette « montre qu’elle n’a jamais aimé », cadeau d’un de ses oncles à sa mère et qui tenait une boutique de la marque de luxe française en Afrique.

Les Meulanais avaient également ramené des couverts, potentiellement en argent. Finalement, ce n’est que du métal argenté car il n’y avait pas le poinçon caractéristique. Idem pour un œuf d’autruche… qui s’avère être juste de la faïence. « Cela fait partie des mythes familiaux qui se construisent avec le temps » analyse l’experte-priseuse. Cependant, il est nécessaire de faire attention, notamment lors des successions. Le cas le plus représentatif reste celui du tableau de bois intitulé La Dérision du Christ, de l’artiste italien Cimabue. Accroché dans la cuisine d’une dame âgée, il devait finir à la poubelle avant qu’une commissaire priseuse ne le remarque sur les photos.

Par ailleurs, il arrive aussi que l’actualité vienne influencer l’activité de Camille Dutot. Depuis le casse du Louvre, des clients l’appellent souvent pour estimer des bijoux. « Les gens ont peur de les garder » ajoute-t-elle.