Pour sauver la production chez Stellantis Poissy, une manifestation locale au goût national

La CGT Stellantis Poissy organisait une manifestation devant les locaux de son usine de production. Plusieurs branches nationales ont également répondu à l’appel ainsi que certaines personnalités politiques soucieuses de préparer les élections présidentielles 2027.

Plus besoin d’aller battre le pavé sur Paris pour voir des manifestations d’envergure nationale. Le 16 juin, c’est au niveau du rond-point rue Jean-Pierre Timbaut qu’il fallait être pour se retrouver autour de plus d’une centaine de « camarades » de la CGT issus de diverses sociétés comme Stellantis, Airbus, Thalès, ou diverses branches (hôpital, métallurgie), tous mués par la même envie : éviter la casse de l’industrie et la précarité des salariés qui en découlent. « C’est nous qui produisons la richesse » scande Giovannino Deriu, représentant de l’Union d­épartementale CGT des Yvelines.

Le lieu n’a pas été choisi par hasard puisque les manifestants se trouvaient en face des locaux de Stellantis. Depuis près de 10 mois, les membres de la CGT du groupe automobile international font la guerre à leur direction. Et dire que le dialogue est rompu relève de l’euphémisme. Si aucun nom d’oiseau n’a circulé lors des prises de paroles, les syndicalistes ont associé les cadres dirigeants à des « collabos », des « tartuffes » et des « chiens de la casse ». « Je m’excuse auprès des animaux qui ont un cœur contrairement à eux » ironise même Jonathan Dos Santos, porte-parole CGT Stellantis Poissy, qui accuse également certains managers de menacer des ouvriers grévistes.

Le syndicat reste persuadé que la fermeture de l’usine pisciacaise est déjà programmée malgré la promesse de 100 millions d’investissement pour permettre sa transformation, transformation qui passe d’autant plus mal à cause de la symbolique tout autour. « C’est aussi l’image qu’on attaque avec la dernière usine de production automobile d’Île-de-France, enrage Stéphane Flégeau, secrétaire général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie. Nous refusons que l’usine de Poissy ne devienne autre chose qu’un site de production de ­véhicules. »

Manuel Bompart, Aurélie Trouvé et Marine Tondelier étaient là pour soutenir les salariés de Stellantis.

Par ailleurs, ce refus est aussi marqué par les témoignages d’autres salariés comme Ali Kaya de la CGT Renault-Flins qui participe à la sinistrose ambiante. D’après lui, le nombre d’embauches promises n’a toujours pas été atteint et la Refactory pourrait perdre même une référence de pièce détachée. C’est pour cela que la CGT souhaite voir l’attribution d’un petit véhicule électrique ou hybride. « Elle pourrait permettre de sauver la chaîne du site de Poissy et tous les emplois sur place » assure Jonathan Dos Santos. Et encore, d’autres sites de Stellantis les mettent en garde, comme ceux de Rennes-La Janais (Ille-et-Vilaine). Alors que la société dirigée par Antonio Filosa a noué un partenariat avec le groupe chinois Dongfeng pour fabriquer des véhicules chinois, aucun chiffre ne circule sur des potentiels ­ouvertures de postes.

Toutes les revendications de la CGT devaient trouver un écho. « Il faut marcher sur ses deux jambes » assène Giovannino Deriu. D’un côté un syndicat fort, et de l’autres des partis politiques capables de transformer les discours en loi. Des membres de La France Insoumise étaient donc présents avec Manuel Bompart en tête et Aurélie Trouvé. Marine Tondelier d’Europe Ecologie Les Verts était également de la partie. « C’est la mobilisation des travailleurs qui permettra de changer les choses » indique le coordinateur de LFI. Comme proposition, Il voudrait donc interdire les licenciements boursiers et faire rentrer des ­salariés au conseil ­d’administration.

De son côté, la CGT prépare d’autres actions coups de poing. « On ne va pas les lâcher. En un an de lutte, ils vont prendre 10 ans, ils auront des cheveux gris. Ils ne vont pas dormir » promet Jonathan Dos Santos.