Une nouvelle étape a été franchie vers la rénovation du plus ancien temple maçonnique connu en France. Lors du conseil municipal du jeudi 2 février, la municipalité épônoise a voté en faveur de la demande de subventions destinée à redonner au Pavillon de David son aspect d’antan. Le coût de la restauration est estimé à près de 190 000 euros mais aucune date précise de début des travaux n’est encore avancée.

Au fond du Parc du château épônois, le Temple de David s’érige loin des regards. Méconnu, ce petit édifice est pourtant chargé d’histoire. D’après une lettre, envoyée au président du Conseil départemental en 2001 par Alain Bauer, alors grand maître du Grand orient de France, il s’agit du « plus ancien [temple maçonnique] connu visible en France » et un « symbole d’amitié franco-américaine ».

Dessiné par le peintre David, sa construction daterait de 1785 et de nombreuses figures historiques françaises et américaines s’y sont succédées. Toujours d’après la missive d’Alain Bauer, « Benjamin Franklin y [a] travaillé », et « c’est également là que Robespierre et quelques révolutionnaires auraient rédigé la première Constitution de 1791 ».

Le Temple de David se trouve dans le parc du château. Son existence est souvent méconnue du public.

Classé monument historique en 1947, le lieu est en mauvais état extérieur comme intérieur. Déjà, en 2001, ce responsable de la première obédience française des francs-maçons demandait à ce « que tout soit entrepris pour restaurer et sauver cet édifice ». Près de 15 ans plus tard, début 2016, la municipalité épônoise avait voté sa restauration. Elle vient là de voter afin de demander des subventions en vue des travaux.

Des travaux de « maçonnerie, menuiserie, plâtrerie et peinture » seront nécessaires, confie Pascal Dagory (LR), l’adjoint au patrimoine, quelques jours après l’obtention d’un « retour de l’architecte des Bâtiments de France ». Il espère voir le Temple de David être remis « en état à peu près originel ».

Et l’adjoint au patrimoine d’ajouter : « Le coût total hors taxe de la restauration du Temple de David nous est annoncé à 187 256 euros ». Les conseillers municipaux se sont majoritairement exprimés en faveur des demandes de subventions. Elles devraient être faites auprès « des instances européennes, de l’État, de la Région, du Département, et de la Fondation du patrimoine », détaille-t-il.

Le maire d’Epône, Guy Muller (LR), a estimé qu’il s’agissait d’une « délibération importante ». Et de préciser : « C’est un monument, qui pour nous, et même pour la France, est historique. Je pense que c’est pour nous un devoir, d’une part qu’il soit mis en valeur, mais dans un premier temps au moins conservé en l’état. » Seul le conseilleur municipal d’opposition FN, Alexandre Delport, s’est abstenu : « J’avais déjà émis mes réserves sur un monument qui est associé à […] une partie sanglante de l’histoire. »