Difficile de manquer le caractère « urgent » de l’appel d’offres passé le 16 août dernier par le ministère de la justice et l’administration pénitentiaire, puisqu’il apparaît dès le titre. Jusqu’au 1er septembre, un appel aux entreprises a été lancé pour des « travaux de rénovation des douches » à la maison centrale de Poissy.

S’il n’est pas au courant de l’appel d’offres passé et ne connaît pas « spécifiquement » la situation pisciacaise ni les raisons de cette rénovation, l’Observatoire international des prisons (OIP) tient toutefois à souligner que « l’état des douches » ainsi que « leur vétusté » sont « une problématique au niveau national ». Il s’est en revanche, inquiété des mesures de dératisation prises récemment au sein de l’établissement pénitentiaire (voir encadré).

Lors d’une intervention en novembre 2016, pour une agression entre détenus survenue dans les douches, les forces de l’ordre se sont rendues sur place. Et elles ont pu constater la « vétusté » des lieux. Toutefois, elles tiennent à nuancer : « Il ne s’y passe pas beaucoup de choses. »

Contactée par La Gazette, l’administration pénitentiaire n’a pu répondre dans les délais impartis à la publication du journal.

L’OIP n’est pas convaincu par la dératisation

« Depuis la fenêtre de la cellule que j’occupe, je constate que les rats sortent d’une plaque d’égout qui est cassée depuis plus de six ans. » Rapporté sur le site internet de l’Observatoire international des prisons, ce témoignage ainsi que plusieurs autres datés de novembre 2016 fait état de « la prolifération des rats dans la prison » selon l’organisme.

Un problème qui serait plus ancien, puisque selon l’OIP « en mars 2014 », le contrôleur général des lieux de privation de liberté avait constaté la présence des rongeurs.

Selon l’Agence régionale de santé, plusieurs mesures ont été entreprises depuis avril dernier comme la « pose massive d’appâts et de pièges » et une « sensibilisation » auprès des détenus pour éviter « toute projection de nourriture à l’extérieur des cellules ». L’invasion « serait désormais maîtrisée. Pour l’OIP l’affaire reste « à suivre ».