L’opération sera-t-elle dupliquée ? Vendredi dernier, une cinquantaine de représentants d’entreprises et d’organismes liés à l’emploi, à la formation ou à l’insertion, ont tiré un bilan positif des Journées de l’emploi. Ils ont loué les bénéfices d’une meilleure coordination ayant abouti à cet événément destiné aux demandeurs d’emplois, et le travail de fond mené par le délégué du gouvernement, Halim Abdellatif, nommé à Mantes-la-Jolie en 2016 pour aider à faire baisser le chômage.

Organisées du 7 au 17 novembre, ces Journées de l’emploi ont rassemblé plus de 800 personnes cherchant du travail, dont 66 % de Mantais et 64 % de participants habitant dans des quartiers en politique de la ville. Au programme figuraient des réunions de sensibilisation aux secteurs porteurs, des entretiens à Pôle emploi, à la Mission locale, des ateliers dans les centres de vie sociaux, comme des job-datings ou des visites d’entreprises.

« Aujourd’hui, on a 15 propositions d’embauches actées », a indiqué à l’assistance Najat Semdani pour Pôle emploi, avec pour exemple un homme au chômage depuis six ans, aujourd’hui embauché en restauration collective. « Les entreprises étaient dans la réactivité, on n’était pas dans une opération de com’, loin du RSE (Responsabilité sociale des entreprises, Ndlr), mais pour des recrutements opérationnels », s’est félicité Azmy Ahriz, le directeur de la Mission locale.

« Ces journées ont permis d’apporter des premières réponses, des premières réussites », constate le délégué du gouvernement, Halim Abdellatif.

« Tout jeune qui était inscrit et qui n’avait pas de situation, on l’a harcelé ! », a-t-il poursuivi de ces 10 jours où l’objectif était d’abord de créer, de recréer un contact entre chômeurs et employeurs. A la Mission locale, chargée des jeunes demandeurs d’emploi, « on s’est adressé au public en tant que demandeurs d’emploi, mais aussi des parents, qu’on a parfois vu accompagner discrètement le petit », rapporte aussi Azmi Ahriz.

Cette « alliance entre acteurs », selon les mots de Halim Abdellatif, semble donc avoir fonctionné, au point qu’un participant a suggéré une reconduction des Journées de l’emploi tous les six mois plutôt que tous les ans. « Travailler seul ne mènera nulle part, et personne n’a réussi sur ce territoire ses missions d’accompagnement en restant entre ses quatre murs », remarque en forme de confirmation le directeur de la Mission locale.

« Ces journées ont permis d’apporter des premières réponses, des premières réussites », constate avec un sentiment d’aboutissement le délégué du gouvernement, sur le départ selon nos informations. « J’aimerais assez dupliquer ce que vous avez fait dans d’autres villes en politique de la ville, vous êtes parfaitement dans le mot d’ordre du gouvernement », a d’ailleurs félicité sans réserves Noura Kihal-Flégeau, sous-préfète à la politique de la ville dans les Yvelines.

Yvelines : l’échec complet du « pacte 2ème chance »

Présente à Pôle emploi pour ce bilan des Journées de l’emploi, la sous-préfète à la politique de la ville, Noura Kihal-Flégeau, est revenue sur l’expérience du « Pacte de la deuxième chance » menée en 2016 avec sept jeunes de Trappes.

L’objectif initial semblait louable, mais l’échec est cuisant. Visant des jeunes habitants dans des quartiers en politique de la ville, « très éloignés de l’emploi ou en situation de pré-délinquance », l’opération avait pour objectif « un suivi personnalisé et renforcé » avec des réunions individuelles en préfecture.

« Malheureusement, je vous le dit, on n’a pas réussi. Les jeunes se sont volatilisés, on les a rencontrés deux fois avec les partenaures, a rapporté Noura Kihal-Flégeau. On les appelait, ils changeaient de numéro de téléphone, la déléguée du préfet allait au pied des immeubles pour les rattraper… » Avec le recul, elle a conclu : « Il faut étayer les démarches avec un adulte référent, famille, voisin ou ami, de manière à vraiment l’accrocher et à l’accompagner sur la durée. »