Cet article fait partie d’un dossier consacré à trois députés des Yvelines : Que font vos nouveaux députés ?

La décision du Conseil constitutionnel ne l’a pas surpris, les Sages ayant rejeté le recours de sa concurrente du second tour, Khadija Moudnib (LREM). Les délais permis par la date à laquelle elle a été rendue l’ont cependant obligé à quitter sa fonction de maire de Mantes-la-Jolie pour une transition plus rapide que prévue avec son adjoint, Raphaël Cognet (LR).

« Le législateur donne un mois pour passer la main, l’arrêt a été rendu le 8 décembre, mais le 8 janvier est le jour de reprise après 15 jours de vacances scolaires », explique de ces délais raccourcis le député touché par la limitation du cumul des mandats. Il a donc été décidé d’ajouter l’élection du nouveau maire au conseil municipal du lundi 18 décembre.

Ce soir-là, plus de cent personnes, majoritairement des militants LR mais aussi pas mal de curieux ont envahi la salle du conseil. « Le mandat de maire est particulièrement exigeant, on y consacre beaucoup de soi-même, mais il est passionnant, déclare un Michel Vialay quelque peu ému, sentiment rarement apparent chez lui. Depuis 2005, j’ai donné le meilleur de moi-même au service des Mantais. »

De son futur successeur, qui fut son directeur de cabinet il y a dix ans, il tresse l’éloge devant l’assemblée des élus. « Je sais que Raphaël Cognet est un homme de conviction et d’engagement, encourage-t-il tout en louant l’importance de solides liens familiaux devant les proches du bientôt ex-adjoint. Le mandat de maire est particulièrement exigeant, il est parfois fait de moments difficiles. »

Le moment venu d’élire son successeur, Joël Mariojouls, opposant d’Ensemble pour une gauche citoyenne, se présente aussi, et dresse un portrait au vitriol de l’action de la droite mantaise. Il donne plusieurs exemples « qui semblent poser la question de la nature des institutions, de la nature de la démocratie » à Mantes-la-Jolie. « La question de la démocratie locale et de la citoyenneté est devenue prioritaire dans notre ville », conclut-il, récoltant les huit voix de l’opposition.

Raphaël Cognet est élu. Deux jours plus tard, la transition accélérée est donc encore en cours, de manière très concrète. « Je suis en train de finir de quitter mon bureau », sourit-il avec en main un livre retrouvé à cette occasion, une histoire de la cimenterie de Gargenville offerte une décennie plus tôt. « C’est comme tout, on accumule un certain nombre de choses », indique le parlementaire au bureau désormais quatre à cinq fois plus petit que celui qu’il occupait à l’hôtel de ville.

Ce petit déménagement devait être achevé « en fin de semaine ». La transition avec son successeur, il l’attend facile et rapide. « On est dans une passation tout à fait organisée et en bonne intelligence, assure Michel Vialay. Dans la majorité municipale que j’ai conduite, on a toujours travaillé ensemble dans une grande clarté et une grande efficacité, vous n’avez jamais vu de cacophonie sur les idées. »