Cet article fait partie d’un dossier consacré à trois députés des Yvelines : Que font vos nouveaux députés ?

En cette fin d’année chargée à l’Assemblée nationale, trouver des journées complètes à consacrer à leur circonscription ne semble pas si facile pour les députés. Mais au milieu de son agenda, Michèle de Vaucouleurs (Modem), élue en juin dernier dans la septième circonscription des Yvelines, a réussi à passer son vendredi 8 décembre sur le terrain.

Inauguration d’une application mobile, rencontre avec les responsables de la Chambre de métiers et de l’artisanat des Yvelines, réunion avec ses relais locaux et fête des pompiers yvelinois, le planning de la parlementaire s’annonce chargé. Comme souvent pour une journée passée en circonscription, la députée donne rendez-vous à ses équipes à sa permanence de la rue Paul Doumer à Triel-sur-Seine. Ce 8 décembre, elle est accompagnée d’Yvon Rosconval, responsable de sa communication et sympathisant LREM.

Alors que l’horloge s’apprête à afficher 9 h 30, Michèle de Vaucouleurs annonce qu’il est temps de se mettre en route, et craint de ne pas arriver à l’heure pour sa première manifestation de la journée. L’inauguration de l’application mobile du Souvenir français est prévue au cimetière du village de Mareil-Marly à 10 h. « Il n’y a rien de plus désagréable que d’arriver en retard », souffle la parlementaire en sortant de sa permanence, sous une pluie qui l’accompagnera toute la journée.

A peine montée dans la voiture conduite par Yvon Rosconval, Michèle de Vaucouleurs pianote sur son téléphone portable pour se tenir informée des derniers échanges qui se sont déroulés à l’Assemblée nationale, quittée la veille à 23 h. « En ce moment, il y a le PLF (Projet de loi de finances 2018, Ndlr), qui doit être bouclé avant la fin de l’année », souligne la députée de son travail législatif qui lui laisse actuellement peu de temps pour sa circonscription. La fin de l’année est aussi dense que les mois de juillet-août, et ça ne va pas se calmer car on va repartir rapidement sur la formation professionnelle. »

La formation professionnelle est en effet l’un de ses sujets de prédilection et une réforme est prévue pour l’année prochaine, pour laquelle elle a intégré un groupe de travail. « C’est sur ces thématiques là que je me sentais le plus pertinente », confirme la députée, conseillère en insertion professionnelle de profession et membre de la commission des affaires sociales à l’Assemblée, toujours en direction de Mareil-Marly.

Malgré sa crainte initiale, Michèle de Vaucouleurs arrive finalement en avance de quelques minutes au cimetière de Mareil-Marly, pour l’inauguration de l’application mobile Mémoire d’homme, qui permet de géolocaliser des tombes de soldats tombés pour la France. Bien que la commune ne soit pas dans sa circonscription, la parlementaire estime sa présence importante : « Je suis députée de la nation, élue dans les Yvelines. Dans mon job, je dois avoir une vue sur tout ce qui se passe en France, et le sujet de la mémoire concerne tout le monde. »

Arrivant sur place, la députée de la septième circonscription salue et discute avec les différentes personnalités présentes, responsables associatifs, politiques. « J’aime beaucoup être en circonscription et prendre le temps d’échanger avec les gens que je rencontre, si c’est juste pour faire acte de présence c’est pas intéressant », tranche la député, à l’issue de l’inauguration, où elle aura pu tester l’application jusqu’à ce que la pluie entraîne toutes les personnes présentes vers la salle des fêtes communale.

« C’est l’occasion d’échanger de manière moins formelle sur des sujets qu’on suit », confie la députée, notamment à propos de sa discussion avec le sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye.

De ses conversations de la matinée, Michèle de Vaucouleurs note notamment celle avec la maire de Mareil-Marly, Brigitte Morvant, qui « lève des fonds pour des start-up dont une dans le domaine social. Ça peut être intéressant que je la rencontre, voire de suggérer à la ministre de s’intéresser à ce projet. » Elle mentionne aussi ses échanges avec le sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye, Stéphane Grauvogel, à propos du port industriel de Triel-sur-Seine (jugé au tribunal administratif la veille, Ndlr).

« C’est l’occasion d’échanger de manière moins formelle sur des sujets qu’on suit », confie la députée des différentes inaugurations et cérémonies, sur la route menant à Versailles pour la prochaine étape de la journée. Et d’ajouter : « Ce sont des occasions privilégiées. On n’échange pas toujours sur les dossiers, c’est aussi le moyen de se connaître et de s’identifier pour des échanges ultérieurs. »

Michèle de Vaucouleurs estime que « ce contact avec d’autres personnes est l’aspect dont on ne pourrait pas se passer » en tant que parlementaire. « Si on est déconnecté de ce que vivent, font, pensent les gens, on met des juristes et on leur fait fabriquer la loi, qu’ils aborderont de manière technocratique, martèle-t-elle. On est le représentant du peuple, on a la chance d’avoir été élu pour faire entendre ce qui se dit, se vit dans la population. Et faire en sorte que les lois qu’on vote soient de bonnes lois, qui répondent à un besoin et soient applicables. »

Vendredi 8 décembre

9 h 15, permanence de la députée, Triel-sur-Seine.
Michèle de Vaucouleurs discute avec son responsable de la communication sur la journée à venir.

9 h 30
La parlementaire se met en chemin pour se rendre au premier événement à l’agenda.

10 h 13, cimetière, Mareil-Marly.
La cérémonie de l’inauguration de l’application Mémoire d’homme, imaginée par l’association le Souvenir Français, débute.

11 h 36, salle des fêtes, Mareil-Marly.
Pendant le pot qui suit l’inauguration, la députée échange avec ses homologues politiques et des représentants associatifs.

13 h, restaurant japonais, Versailles.
Michèle de Vaucouleurs déjeune avant son rendez-vous suivant et débat avec son responsable de la communication sur les sujets qui seront abordés.

14 h 10, Chambre demétiers et de l’artisanat des Yvelines, Versailles.
La parlementaire débute son entrevue avec les responsables de la Chambre de métiers et de l’artisanat pour échanger sur l’apprentissage et la formation professionnelle.

16 h 25
La réunion se termine et la députée part en direction de son rendez-vous suivant.

17 h 30, permanence de la députée, Triel-sur-Seine.
Michèle de Vaucouleurs met en place, avec ses relais locaux, la démarche de rencontre avec les acteurs de l’apprentissage du territoire en vue de la prochaine reforme de la formation professionnelle.

19 h 05, collège Magellan, Chanteloup-les-Vignes.
La parlementaire assiste à la célébration départementale de la Sainte Barbe, le rendez-vous annuel des pompiers.

20 h, centre de secours des sapeurs-pompiers, Chanteloup-les-Vignes.
La députée est au premier rang sur l’estrade pendant les discours des officiels suite à la cérémonie de la Sainte-Barbe, dernier événement de cette journée.

Arrivée à Versailles, le temps de déjeuner dans un restaurant japonais non loin de la place du Marché, approche rapidement 14 h, l’heure de son rendez-vous à la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA). La parlementaire y est reçue par la secrétaire générale et le président de la CMA, qui lui demandent rapidement ce qu’elle attend de cette rencontre.

« Faire connaissance, répond Michèle de Vaucouleurs, avant de se montrer plus précise. On va aborder la formation professionnelle et l’apprentissage à l’Assemblée nationale au printemps. Et comme on a la chance de ne pas travailler trop en urgence, on a le temps de rencontrer les acteurs de terrain. »

Et le président de la CMA des Yvelines, Ronan Keraudren, de sourire : « C’est un vaste programme. » Pendant plus de deux heures d’échanges à bâtons rompus, les dirigeants de la Chambre de métiers et de l’artisanat ont pu faire part de leurs ressentis sur leur activité au quotidien. Pendant la discussion, Michèle de Vaucouleurs multiplie les questions et les prises de notes sur sa tablette tactile.

A l’issue de cette entrevue, après la pluie de la matinée, c’est la neige qui accompagne la députée sur le chemin de son véhicule. Sur le trajet du retour vers sa permanence, elle revient avec son responsable de la communication sur la rencontre qui vient de s’achever. « Je pense que c’est un travail méconnu, estime la députée, de la CMA. Ce que je retiens, c’est la séparation voulue entre l’Éducation nationale et la chambre, chacun se recentrant sur son savoir-faire. »

A sa permanence trielloise, aux alentours de 17 h 30, Michèle de Vaucouleurs et Yvon Rosconval retrouvent deux sympathisants pour mettre en place une démarche de rencontre des acteurs de la circonscription liés à la formation professionnelle : centres de formation, entreprises, apprentis entre autres. « C’est une formule de travail qu’on veut tester sur l’apprentissage, et ensuite peut-être sur d’autres problématiques », indique Yvon Rosconval, ajoutant que cela permettra également de faire de la « communication de proximité ».

Après près d’une heure de préparatif pour cette séquence de rencontres à venir, la parlementaire part pour le dernier point à son agenda : la cérémonie départementale de la Sainte-Barbe, annuelle fête des pompiers, à Chanteloup-les-Vignes. L’occasion pour Michèle de Vaucouleurs d’avoir de nouveaux moments d’échanges avec ses collègues élus et les services de secours. Elle termine ce jour-là à près de 21 h : « Être députée, c’est sept jours sur sept. J’apprécie quand j’ai une journée complète de libre. »