Cet article fait partie d’un dossier consacré à trois députés des Yvelines : Que font vos nouveaux députés ?

Il est un peu plus de 9 h 30 lorsque Natalia Pouzyreff (LREM) passe les portes de la salle Lamartine, située dans les bâtiments administratifs de l’Assemblée nationale. En ce mercredi 29 novembre, la députée de la sixième circonscription participe à une audition menée conjointement par la commission des affaires étrangères et la commission défense, dont elle est membre. Pour cette députée nouvellement élue, son action parlementaire est guidée par son parcours personnel et professionnel.

Et le thème, dédié aux questions géostratégiques et à la sécurité en Asie du Sud Est, se retrouve malgré lui lié à l’actualité. En effet, la veille, la Corée a tiré un nouveau missile balistique. Trois chercheurs sont entendus par la quarantaine de députés présents : Barthélémy Courmont de l’Institut de relations internationales et stratégiques, Cécile Pajon pour l’Institut français des relations internationales et Benjamin Hautecouverture, de la Fondation pour la recherche stratégique.

Le sujet fait écho à son parcours professionnel. Pendant 25 ans, elle a travaillé aux sièges d’Airbus et Thales avec une spécialisation dans les relations avec l’Asie du Nord. « A titre personnel, le sujet m’intéresse, fait elle remarquer de sa présence à la fin de la réunion deux heures plus tard. Et je trouve utile de se décentrer, de découvrir d’autres perspectives. » Un intérêt qui s’est traduit par une écoute attentive des trois experts et une prise de notes tandis que ses collègues profitent de ce moment pour parcourir l’actualité.

De temps en temps, la porte de la salle Lamartine claque. Certains députés ne peuvent rester à la séance entière et sont rattrapés par leurs autres obligations. Présente toute la durée des auditions, la députée a dû faire un choix. « On a souvent deux ou trois réunions en même temps », explique-t-elle.

Durant la commission, se tenait la réunion de groupe de La République en marche, où Nicolas Turmeau, l’un de ses collaborateurs l’a remplacée. Collaborateur qui lui transmet en direct les éléments importants qui en ressortent. « Cette réunion sert à donner une ligne générale de conduite et la position dans l’hémicycle, détaille-t-elle. En tant que majorité, nous avons le sens des responsabilités, nous ne sommes pas dans la posture. »

Mais sa journée n’a pas débuté à 9 h 30. Une heure avant, elle siégeait déjà à la commission défense, pour une réunion entre les commissaires de la majorité, « dans le cadre de la préparation de la loi de programmation militaire » et notamment son inscription dans l’exercice budgétaire. Et de poursuivre, tandis qu’elle prend un café : « Nous avons notamment entendu Didier François, journaliste et reporter de guerre. »

Des auditions qui viennent déjà compléter une nuitée chargée. De permanence pour son groupe à l’Assemblée, elle est sortie de l’hémicycle à 1 h du matin, vote sur la loi finances oblige. « Nous devons être présents dans l’hémicycle lorsqu’il y a des votes importants de jour comme de nuit  lorsque nous sommes de permanence », précise la parlementaire. Votes importants qui se traduisent par le retentissement d’une sonnerie dans les couloirs des différents bâtiments de l’institution. Il lui faut alors courir pour arriver au sein de l’hémicycle et y assister dans les temps.

Natalia Pouzyreff, avec son collaborateur, Nicolas Turmeau. Une fois la réunion du groupe de travail dédié à l’apprentissage terminée, elle twitte un succint résumé.

Pas le temps, toutefois, de vraiment se poser : l’heure est surveillée. « J’ai un rendez-vous à midi qui concerne plutôt la circonscription » ajoute-t-elle, dix minutes avant le début de son rendez-vous. Une petite entorse à son organisation, elle qui consacre « le lundi, le vendredi et le samedi » à sa circonscription et le reste de la semaine à son activité parlementaire.

Elle reconnaît d’ailleurs que « le rythme de travail est haché ». Et insiste : « Les gens ont l’impression que l’hémicycle est souvent vide, qu’il n’y a pas grand-monde. Mais, cela dépend de l’ordre du jour. Et si nous ne sommes pas présents, c’est que nous sommes en commission ou en rendez-vous. »

Cette précision ajoutée, Natalia Pouzyreff s’éclipse à son rendez-vous. Un rendez-vous que l’on supposera prenant, puisque lorsqu’elle retrouvera ses collègues à 13 h 30 au 3 rue Aristide Briand, elle leur confiera « n’avoir pris qu’un œuf » pour le déjeuner. Une autre lui répondra n’avoir « pris qu’un dessert », avant que ne débute la session du groupe de travail LREM dédié à l’apprentissage.

Dans les sous-sols du bâtiment, le groupe fondé à la rentrée notamment par la députée de la huitième circonscription de Seine-Saint-Denis, Sylvie Charrière, reçoit Bertrand Martinot, économiste et délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle entre 2008 et 2012. Natalia Pouzyreff et ses homologues confrontent leurs points de vues et leurs idées, pour aboutir au printemps prochain à une réforme de l’apprentissage et de la filière professionnelle.

Mercredi 29 novembre

9 h 30, Salle Lamartine, immeuble Jacques Chaban-Delmas, 101 rue de l’Université
Audition conjointe des commissions des affaires étrangères et défense sur les questions géostratégiques et de sécurité en Asie du Sud-Est. Audition de trois chercheurs.

11 h 34 
Fin de l’audition menée par les commissions des affaires étrangères et de la défense.

12 h
Natalia Pouzyreff a unrendez-vous concernant une problématique de la sixième circonscription yvelinoise.

13 h 40 Salle 1, au 3 rue Aristide Briand
Dans le cadre du groupe de travail La République en marche spécialement dédié à l’apprentissage, audition de Bernard Martinot, économiste et délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle entre 2008 et 2012.

15 h Hémicycle, 33 quai d’Orsay
Début des questions au gouvernement

15 h 02 Salle 1, au 3 rue Aristide Briand
Le groupe de travail n’a pas fini ses auditions et entend Céline Calvez, chargée de mission voie professionnelle et scolaire par le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer.

16 h Hémicycle, 33 quai d’Orsay
Suspension de séance, les questions au gouvernement sont terminées.

16 h 10 Hémicycle
Reprise de la séance concernant l’examen en deuxième lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018.

17 h 30 Locaux de l’Assemblée nationale
Auditions menées par la commission enquête sur la politique industrielle. Les syndicats d’Alstom, STX et Nokia sont reçus

22 h 42 Hémicycle, 33 quai d’Orsay
Retour au Palais Bourbon, en présence de la ministre de la santé Agnès Buzyn

14 h 50, une sonnerie retentit. Dans dix minutes, débuteront les questions au gouvernement au Palais Bourbon. Mais le groupe de travail est loin d’avoir terminé sa séance. Il lui reste à entendre Céline Calvez, députée mais surtout chargée de mission voie professionnelle et scolaire par le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. Une intervention qui la fera sortir près de quarante minutes plus tard.

Une fois publié un tweet concernant la réunion qui vient de s’achever, Natalia Pouzyreff commente de la présence des journalistes dans la salle des Quatre colonnes : « En général, ils cherchent les députés qui souhaitent se faire entendre. » N’assistant pas aux questions au gouvernement aujourd’hui, elle les suit néanmoins, grâce à la retransmission, depuis la buvette des journalistes, où elle commande une soupe pour se restaurer.

Elle n’a pas prévu d’en poser aujourd’hui. « Il y a un quota de questions, détaille-t-elle. Je préfère parler avec les collaborateurs des ministres sur des points précis. Ils sont très accessibles pour les députés de La République en marche. » Ce n’est qu’après la suspension de séance qu’elle fera un passage éclair dans l’hémicycle, le temps de retrouver sa collègue yvelinoise de la septième circonscription Michèle de Vaucouleurs (Modem).

Elle devra s’éclipser à 17 h 30 pour une nouvelle audition au sein de la commission enquête sur la politique industrielle. Cette commission, créée à la demande du groupe Les Républicains, a pour but « d’analyser ce qui a conduit aux fusions d’entreprises, ajoute Natalia Pouzyreff. Cela me tient à cœur de préserver l’industrie française. » Aujourd’hui, ce sont les syndicats d’Alstom, STX et Nokia, entreprises ayant récemment fusionné avec d’autres, qui sont entendus.

Pour autant, la fin de ces auditions ne signe pas la fin de la journée pour la députée de la sixième circonscription. A 22 h 42, elle twitte « en direct » de l’Assemblée, une photo de la ministre de la santé Agnès Buzyn dans le cadre du deuxième jour d’examen en deuxième lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018.