Au mois de février dernier, La Gazette mettait déjà en lumière la cavale de ces deux huskys qui dure maintenant depuis plusieurs mois. Chassés d’une société de la zone industrielle des Marceaux, dans laquelle ils avaient pris leurs habitudes, les deux vagabonds errent aujourd’hui du côté de Buchelay, dans la zone d’activité des Graviers. C’est ici que, depuis plusieurs semaines, les bénévoles du Chenil intercommunal de protection animale du Mantois (Cipam) mettent en œuvre des stratagèmes pour capturer les deux chiens qui selon eux, n’ont pas la dangerosité que certains leur prêtent.

Lundi 1er mars, les bénévoles s’activent puisque la nuit s’apprête à tomber sur la plaine qui borde Leroy Merlin et l’A13. Après avoir littéralement couru après ces deux chiens à Rosny-sur-Seine, le Cipam se présente cette fois plus équipé. La veille, les bénévoles ont réceptionné deux cages pour capturer les deux vagabonds. « Il y en a une qui nous a été prêtée et l’autre a été financée avec une cagnotte participative », souligne Natacha Jannaud, l’une des trois bénévoles du Cipam présents pour mener la traque ce soir-là. Jusqu’il y a encore quelques jours, l’emplacement des deux cages était sous embargo.

Grâce à une cagnotte en ligne et aux dons des riverains, le Cipam a pu investir dans une cage, installé près de Leroy Merlin pour capturer les deux huskys.

« Les chiens sont très craintifs et très malins, alors si on veut avoir une chance de les capturer, il ne faut pas qu’il y ait trop de passage dans la zone », explique Natacha Jannaud. Chaudement vêtus, les bénévoles déposent dans les cages des morceaux de viandes issus des invendus d’une boucherie du Mantois. Pour appâter les deux huskys, dont les allers-et-venues « sont réglés comme du papier à musique », Natacha trace un chemin olfactif jusqu’à la lisière du bois de Rosny-sur-Seine, grâce à une bouteille contenant du jus de viande macéré. Mais ce soir-là, malgré la patience des trois bénévoles qui auront attendu toute la nuit, cachés dans leurs voitures, les deux chiens ne se montreront pas.

Après avoir répété l’opération de nombreuses fois, sans succès, l’association craint aujourd’hui que la médiatisation du sujet engendre une panique « qui n’a pas lieu d’être ». Un article du Parisien, paru le 6 avril dernier et laissant entendre que ces deux huskys, « confondus avec des loups, sèment la terreur dans les Yvelines » a d’ailleurs fait bondir Natacha Jannaud.

Pour appâter les chiens, les bénévoles glissent dans les cages de la viande issue des invendus d’une boucherie du mantois.

« On entend tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux, déplore la bénévole. Alors, oui, je comprends que certains promeneurs peuvent avoir peur en les croisant, surtout que c’est une race de chien qui aboie beaucoup mais on ne peut pas dire qu’ils soient dangereux, il n’ y a jamais eu d’incident si ce n’est qu’ils ont couru après des vélos. » Interrogé au mois de février, le maire et vétérinaire rosnéen, Pierre-Yves Dumoulin (LR), soulignait déjà que les deux chiens « n’ont pas d’agressivité envers les gens, il n’y a aucune crainte à avoir ».

Alors qu’ils espéraient attraper les deux vagabonds en même temps, les bénévoles ont finalement changé de stratégie. Un nouvel enclos d’environ 20 m² a ainsi été installé dans la zone. Ce dernier a déjà séduit le moins craintif des deux frères venu s’y restaurer. S’il vient à se représenter de nouveau, l’association le capturera seul, en espérant que le second viendra le rejoindre. « On sait que les mairies sont surchargées d’appels à ce sujet, on ne voudrait pas que cette histoire se finisse par un arrêté ­d’abattage… », insiste Natacha Jannaud.

Crédits photo Une : CIPAM