Renault-Flins étant amené à cesser la production de voitures à l’horizon 2024 au profit du reconditionnement automobile, les activités dans ce dernier domaine baptisé Re-factory se concrétisent peu à peu. Le 4 mars dernier, le programme Station Flins a ainsi été officiellement présenté. Outre un centre de formation aux métiers liés au reconditionnement automobile, il permettra également à des start-up de ­collaborer sur divers sujets.

« Stations Flins c’est vraiment un lieu, un hub d’innovations qui a vraiment pour vocation de réunir tous ces acteurs de différents horizons pour aller imaginer ensemble de nouvelles chaînes de valeurs, de nouveaux modèles d’affaires, de nouveaux modèles de collaboration publics [et] privés, de nouveaux procédés », déclare le 6 avril la directrice des partenariats et de l’éco-système sur le projet Re-factory Flins, Hind Arbaoui avant d’ajouter : « On a besoin de tout cela. Station Flins c’est vraiment ce lieu où on va pouvoir incuber des start-up par exemple, des projets d’élèves d’universités, etc. On va pouvoir travailler ­ensemble. »

Bien que les syndicats saluent ce projet de formation, ils craignent une réduction des effectifs dans les prochaines années. « Tous les partenaires qui peuvent participer à ce projet, on y est énormément favorable, affirme le 30 mars, le délégué syndical central adjoint à Force Ouvrière (FO), Mounir Mestari. La raison est toute simple, c’est que cela nous permet d’apporter de l’activité au site de Flins. Vous savez aujourd’hui que les effectifs c’est notre priorité. »

Actuellement, environ 4 000 personnes, intérimaires compris, travaillent sur le site de Renault-Flins. Le 25 novembre, la direction du groupe Renault indiquait qu’elle prévoyait « plus de 3 000 emplois » sur le site de Flins en 2030.

« L’inauguration du Re-factory est prévue pour fin septembre […] et la capacité sera d’à peu près 45 000 véhicules par an et […] le bâtiment qui va accueillir cette activité sera d’à peu près 8 500 m² », lance le délégué syndical central adjoint à Force Ouvrière (FO), Mounir Mestari.

« S’il y a des formations, tant mieux. Mais qu’est ce que c’est cette formation ? Combien y-aura-t-il de postes sur ce service de formation ? », s’interroge, quant à lui, le délégué syndical de la CGT, Philippe Gommard, en insistant sur le fait qu’en cas de baisse de la production automobile, il souhaiterait que le temps de travail soit réparti équitablement entre chaque salarié, pour permettre de maintenir la totalité des emplois sur le site. « Nous, on est pour le maintien de tous les emplois actuels sur les différents sites, déclare-t-il. Si on produit moins on travaille moins [mais] on répartit le travail entre tous pour justement garantir ­l’emploi et les salaires de tous ».

Quant aux métiers enseignés, Hind Arbaoui insiste sur le fait que cela a pour « vocation de développer les métiers de demain. On voit bien que tout ce qu’on touche là [avec la Re-factory] ce sont des nouveaux métiers ». Le nombre de personnes formées n’a, quant à lui, pas été précisé.

La date de création du campus n’est pas devoilée mais elle devrait néanmoins être amenée à se concrétiser prochainement. Alors que, selon Philippe Gommard, le site de Renault-Flins connaît actuellement quelques difficultés dans la production automobile, en raison d’un « manque » de « puces électroniques » aboutissant à « des journées non travaillées », Mounir Mestari affirme que le calendrier concernant la production des premiers véhicules ­reconditionnés, approche.

« L’inauguration du Re-factory est prévue pour fin septembre, lance-t-il. […] La capacité sera d’à peu près 45 000 véhicules par an et […] le bâtiment qui va accueillir cette activité sera d’à peu près 8 500 m². » Il sera livré « début juin 2021 ». Quant aux formations des employés pour être opérationnels lors du lancement de la Re-factory, elles sont en cours. Elles ont commencé « courant mars-avril 2021 ».