Implantée depuis 2007 dans le port autonome de Limay-Porcheville, l’entreprise France plastique recyclage veut monter en puissance. Avec des investissements d’un montant de 15 millions d’euros, elle prévoit d’augmenter de « 55 % » sa capacité, selon David Etienne, responsable de la filière plastique au sein du groupe Paprec (auquel appartient l’usine limayenne, Ndlr), et ainsi de pouvoir produire jusqu’à 52 000 tonnes annuelles de plastiques recyclés par an contre 33 000 aujourd’hui. Lauréate d’un appel à projets initié dans le cadre du plan de relance, elle bénéficie d’un ­soutien de 800 000 euros.

« On s’est différenciés en construisant une offre de gestion des déchets basée sur le recyclage et donc la valorisation de matières, insiste Sébastien Ricard, directeur du développement durable au sein du groupe Paprec, ce 21 mai. […] Notre objectif c’est cette bouteille quand elle sera bue et jetée à la poubelle d’arriver à la régénérer en une matière première que les plasturgistes, les fabricants de bouteilles, les embouteilleurs savent réincorporer. Les matières premières qu’on vend sont en concurrence avec les matières premières dites vierges. »

Il se satisfait toutefois de l’évolution de la réglementation. En 2019, l’usine avait d’ailleurs été le théâtre de la signature du contrat stratégique de la filière transformation et valorisation des déchets. « Aujourd’hui le prix d[e la matière première] recyclée est décorrelé du prix du vierge, ce qui n’était pas le cas quand on a inauguré cette usine-là », se souvient Eric Labigne, responsable du site limayen. Une évolution qui peut entraîner une augmentation de la demande. « Le site est saturé », affirme David Etienne alors que « la demande client est là », complète Eric Labigne.

« Le site est saturé », affirme David Etienne, responsable de la filière plastique au sein du groupe Paprec alors que « la demande client est là », complète Eric Labigne, responsable du site.

Les investissements serviront ainsi à financer l’achat d’une unité d’extrusion « qui permet de prendre la matière, de la fondre et de la transformer sous formes de granulés », détaille David Etienne, d’une unité de polycondensation « et tout ce qui va autour en termes de gestion des flux, les aspirations, le broyage, le dosage, etc. », poursuit-il.

« Il y a une perspective d’emploi, mais aussi d’indépendance, complète Sébastien Ricard. Quand c’était la crise [d’approvisionnement], c’était il y a trois mois, il y a des embouteilleurs qui n’avaient plus de matière, où quand ils en avaient c’était trois fois le prix. Aujourd’hui le fait d’avoir cette capacité en France, ça permet aussi d’avoir une certaine autonomie. » Pour mener à bien son projet, l’entreprise prévoit de recruter 15 personnes, opérateurs et conducteurs de lignes.