La création des postes de chef de police municipale et de gardien brigadier, de même que la « création du régime indemnitaire de la filière police municipale » présentée lors du conseil municipal du 27 mai dernier, a fait réagir l’opposition, cette dernière accusant le maire, Eric Roulot (PCF), de renier un engagement de campagne qui était de ne pas créer de police municipale. L’édile a justifié ces délibérations comme étant de simples formalités afin de mettre en place une police environnementale, dans le cadre de la réorganisation des services de la mairie (voir notre édition du 23 juin). Il a, en parallèle, fait voter une motion demandant l’affectation de moyens de la police nationale dans la ville.

« Je voulais savoir si les ASVP étaient transformés en police municipale ? », questionne ainsi Servane Saint-amaux, du groupe Un nouveau souffle pour Limay. Cécile Dumoulin (LR), du groupe Limay demain, rebondit : « Je suis quand même extrêmement étonnée de voir que vous supprimez le poste de direction prévention-tranquillité […]. S’il n’y a plus de direction prévention tranquillité, je vois que vous allez créer une police municipale, est-ce que vous avez prévenu les quartiers à qui vous aviez dit qu’il n’y en n’aurait pas ? »

« Le poste aujourd’hui il va changer de périmètre, compte-tenu que le pôle prévention va se mettre en place et rapidement, répond Eric Roulot, faisant référence à l’ouverture de cinq postes d’adultes-relais, chargés de missions de prévention auprès de la population. […] On a pendant la campagne électorale plaidé pour un renforcement du pôle prévention avec trois axes : médiation, police environnementale et ASVP. »

L’édile insiste sur un point : « Il ne s’agit pas pour nous de mettre en place des missions relatives à la police municipale. […] Il s’agit simplement de se donner les moyens pour faire en sorte que les policiers municipaux, avec une fiche de poste qui correspond à l’orientation politique qu’on a donné, […] [soient] une police environnementale qui sera particulièrement mobilisée sur tout ce qui est dépôts sauvages, déjections canines, et puis les voitures-ventouses, toutes ces questions qui empoisonnent la vie des gens. »

Cécile Dumoulin se montre plutôt dubitative quant à ces missions. « Il y a des vrais problèmes à Limay, notamment l’enlèvement des véhicules, appuie-t-elle. La police de l’environnement c’est les dépôts sauvages, les nuisances sonores, je ne sais pas si c’est dans ses prérogatives, la verbalisation des véhicules-ventouses, pour moi c’est plus de la police municipale. »

Sur la table des conseillers municipaux, une motion a été déposée avant le début du conseil. « Nous avons considéré, […] qu’il y avait nécessité de se bouger tous ensemble pour obtenir de l’État les moyens nécessaires à Limay par le gréement d’une équipe [de police] qui pourrait occuper le commissariat de Lafarge, détaille-t-il de sa proposition. […] Nous poursuivons la bataille, c’est la bataille pour le service public, […] pour faire en sorte d’interpeller l’État, la préfecture pour qu’ils acceptent de remettre des moyens, une brigade volante, d’une police nationale de proximité qui disposera des moyens nécessaires pour régler les problématiques qu’on a à régler et qu’on ne réglera pas par la mise en place d’une ­vidéosurveillance. »