La « bonne nouvelle » réjouissait déjà le vice-président du Département et surtout maire de Poissy, Karl Olive (DVD), lors de l’assemblée départementale du 13 juillet dernier. Ce jour-là, lors d’un comité social et économique central extraordinaire, le groupe Stellantis (issu de la fusion des groupes Fiat Chrysler Automobiles et PSA, Ndlr), a annoncé lancer une étude pour étudier « l’optimisation des surfaces des sites de Stellantis en Île-de-France », indique dans un communiqué de presse la branche syndicat Force ouvrière, qui accueille avec enthousiasme la nouvelle.

Cette optimisation porte sur les sites pisciacais de l’usine et du pôle tertiaire, mais aussi la recherche et développement installée à Vélizy et les bureaux de Peugeot Sports à Versailles. Si elle aboutit, les salariés des deux derniers sites seraient répartis au sein des sites pisciacais, dans la logique de « compactage », expliquée par La Gazette en septembre 2018, mais surtout dans la volonté de créer un « campus » sur le site pisciacais à l’horizon 2022-2023. Contactée, la direction de PSA n’a pas ­répondu à nos sollicitations.

« Ce que veut faire PSA c’est voir si [il] peut redistribuer les surfaces, comme ça [il] libère d’autres surfaces sur d’autres sites, qui pourront soit être mis en vente, soit être mis en location, et faire des rentrées d’argent ou en tout cas faire des économies en regroupant les services », résume ainsi Brahim Aït-Athmane, secrétaire de FO à l’usine de Poissy, rassuré par ces annonces. « Ça a été un long combat pour l’ensemble du site de Poissy, parce qu’à un moment on avait des nuages au-dessus de notre tête, on n’avait plus aucune vision, rien du tout, rappelle-t-il. […] On est plutôt rassurés pour l’avenir du site, si en plus le projet aboutit à son terme avec Vélizy, on est quasiment sûrs et certains d’avoir de l’emploi et aussi des embauches sur le site. »

Au sein de l’usine, qui produit actuellement la DS3 Crossback et l’Opel Moka, « le B1, une partie du B3 » pourraient ainsi accueillir les nouveaux salariés, de même que la partie historique du B5 qui « peut accueillir en haut tout ce qui est du tertiaire et en bas tout ce qui est banc d’essais, recherche et développement », détaille le syndicaliste. Actuellement, 3 000 personnes travaillent à l’usine, sans compter les intérimaires, 6 500 au pôle tertiaire et 1 000 sur le site carriérois. À Vélizy, ils sont environ « 4 000 » estime Brahim Aït-Athmane. Au total, ce rapatriement impacte 10 000 salariés.

Lui se réjouit forcément de l’annonce, qu’il trouve cohérente : « On est placé idéalement à tous points de vue puisqu’on a aussi un héliport à l’intérieur du site, on a la possibilité d’avoir le train, la partie fluviale, à un moment donné on utilisait le fleuve pour se ­réapprovisionner, il y aurait une réflexion à reprendre […]. D’un point de vue stratégie, le site a des atouts pour en faire un vrai pôle. » Le secrétaire de FO se montre également satisfait que la recherche et ­développement reste en France.

Pour autant, il reconnaît que l’annonce peut faire « des déçus », notamment du côté de Vélizy. Dans les colonnes de l’Usine Nouvelle, la déléguée syndicale centrale CFDT de
PSA ne cache pas son amertume : « On pressentait une fermeture du site de Vélizy, mais on ne pensait pas qu’elle se ferait aussi vite. L’accord sur le télétravail a précipité la décision. » Dans un communiqué de presse diffusé le 16 juillet, la CFDT a indiqué avoir demandé « une expertise impartiale », pointant un manque de réponse de la part de la direction quant aux économies immobilières réalisées. « Du résultat de cette enquête dépendront les justifications, les mesures sociales et l’accompagnement nécessaire au transfert des salariés », conclut le communiqué de presse.

Une nouvelle équipe de nuit pour le montage

Dans un communiqué de presse daté du jeudi 19 août, le secrétaire FO de l’usine de Poissy, Brahim Aït Athmane, indique qu’une équipe de nuit est de retour sur le site, après avoir été supprimée en 2019. « En mobilisant une équipe le week-end, le potentiel de production peut ainsi être augmenté de plus de 80 000 véhicules par an ; de quoi dépasser à nouveau les 200 000 véhicules sur le site de Poissy », se satisfait le syndicaliste.