Les actions de coopération décentralisée du Département traversent l’Atlantique. Alors que les projets se concentrent majoritairement dans le Nord de l’Afrique, lors de l’assemblée départementale du 13 juillet dernier, une subvention de 18 100 euros a été attribuée à la province de Jujuy en Argentine, dans le cadre d’une « coopération au développement touristique, économique, territorial et durable », jusqu’en 2023 pour un montant total de 60 000 euros, rappelle la délibération. L’action du Département se concentrera sur trois thématiques, « l’habitat social durable, la basse consommation énergétique des bâtiments publics et la gestion des déchets », détaille du projet la commission nationale de la coopération décentralisée.

« Traditionnellement, nous avions fait une liste limitée des pays avec lesquels nous étions en collaboration, c’était des pays francophones et plutôt africains, la seule exception étant le Liban, rappelle le président du Département, Pierre Bédier (LR). […] C’est une caractéristique de la coopération décentralisée des Yvelines, de s’être appuyée au maximum sur les diasporas yvelinoises. C’est ce qui a valu les accusations de clientélisme, c’est ce qui me paraît donner tout son sens à cette coopération. »

Aller en Argentine représente une exception, ce que Pierre Bédier n’a pas manqué de souligner : « Ça a été un petit débat puisque nous allons dans un pays qui n’est pas sous-développé, […] je rappelle qu’avant la Seconde guerre mondiale l’Argentine faisait partie des trois pays les plus riches du monde, depuis ça a un peu chuté […]. Et donc, […] c’est un pays hispanophone et non-­francophone. »

Le Département interviendra sur trois thématiques, avec pour objectif le développement de l’éco-tourisme, « de doter le territoire d’une offre […] d’accompagnements au développement d’entreprises » et de pérenniser « l’offre de logements sociaux durables dans trois zones bioclimatiques différentes de la province et accessible à une population à faibles revenus, mais aussi d’accompagner l’orientation générale vers la basse consommation énergétique ». En parallèle plus d’une centaine de personnes bénéficieront d’ateliers et formations dans les secteurs du tourisme, de la construction et des incubateurs d’entreprises.

Sollicité par le ministère des affaires étrangères sur ce projet (et qui a donné une subvention d’environ 22 000 euros, Ndlr), Pierre Bédier ironise à propos des polémiques : « Le paradoxe c’est que nous sommes attaqués à la fois sur ces sujets de coopération décentralisée, nous avons eu un rapport très à charge de la Chambre régionale des comptes (en 2018, Ndlr), mais que c’est l’État lui-même, à travers le ministère des affaires étrangères, qui sollicite le Département pour intervenir parce qu’il trouve notre coopération ­particulièrement ­exceptionnelle. »

Quant à la pérennisation de cette coopération, ou son élargissement, il reste prudent «  On a aussi une opération qu’on va faire, […] avec la Russie, mais ça c’est parce que c’est [Kalouga] qui est jumelée avec Poissy, donc on va regarder dans cette mandature s’il y a des possibilités de coopération internationale sur des villes russes », explique-t-il, avant de pointer des contraintes financières plus importantes : « Il n’est pas pour autant question d’augmenter ce budget ad vitam aeternam d’autant que nous sommes maintenant dans un contexte financier très incertain. […] Les aides sociales connaissent une hausse assez substantielle, nous n’avons plus la maîtrise de nos recettes puisque nous n’avons plus de levier fiscal, nous allons être extrêmement vigilants, e­xtrêmement ­tatillons dans notre gestion. »