« Ahurissant. » Tel est le mot qui vient à l’esprit de la présidente de l’association autonome des parents d’élèves (AAPE), Lylia Montarou, pour évoquer le report de la réorganisation du réfectoire du lycée François Villon dans le but de permettre une meilleure fluidité de la restauration scolaire.

Dans l’édition du 14 octobre 2020 de La Gazette, Lylia Montarou dénonçait le fait que la demi-pension n’était pas adaptée à l’accueil des 1 300 élèves environ de l’établissement, obligeant certains d’entre eux à déjeuner en seulement quelques dizaines de minutes ou à arriver en retard en cours. Alors que les travaux devaient avoir lieu durant l’été 2021, ils ont finalement été repoussés en 2022. Pour expliquer ce report, les raisons invoquées par la Région et les parents d’élèves ne sont pas exactement similaires.

« Le chantier reste programmé pour 2022 mais ne peut pas se faire en période scolaire car l’on ne peut pas fermer la demi-pension », indique la Région dans un courriel daté du 8 septembre. Dans une lettre du 13 juillet adressée à la présidente de Région, Valérie Pécresse (Libres), le député Modem de la neuvième circonscription yvelinoise, Bruno Milienne, déplorait déjà que ces travaux soient repoussés à « l’été 2022 ».

Dans son courriel, la Région explique que ce report résulte « du manque de disponibilité des entreprises [car] le marché des travaux connaît de très grandes tensions (disponibilités des entreprises et des matériaux) », à cause de la pandémie.

« Le manque de disponibilité des entreprises ? Mais ce n’est pas l’information que j’ai, s’exclame, le 17 septembre, Lylia Montarou. Moi l’information que j’ai c’est que c’est tombé à l’eau parce que le permis de construire n’a pas été demandé en temps et en heure. »

Interrogé à ce sujet, l’édile, François Garay (DVG), reconnaît qu’avec la crise sanitaire, les entreprises travaillent « à flux tendu ». Sur la question de la cantine, il ajoute : « Les services de la Région nous ont emmené les documents assez tardivement et il y a eu l’incapacité à ouvrir en septembre avec les travaux nécessaires. »

Quant au lave-vaisselle tombé en panne, que les professeurs et parents d’élèves dénonçaient lors d’un rassemblement devant le lycée François Villon, organisé le 7 octobre 2020 pour avertir de la présence d’un nombre trop important d’élèves dans l’établissement initialement conçu pour en accueillir « 800 », il serait à nouveau opérationnel. « La machine à laver la vaisselle a bien été réparée » pour un coût de 13 000 euros « intégrant un contrat de trois mois pour assurer la maintenance de la machine et la demi-pension ­fonctionne », assure la Région.

« Cela va peut-être enlever une épine du pied mais il y a un problème de dimensionnement », déclare Lylia Montarou de la réparation du lave-vaisselle. Son propos concernant la nécessité de procéder à une extension de la cantine est confirmé par la Région. « Ce secteur est chargé sur le plan démographique mais le lycée Villon, stricto sensu, n’est pas en surcapacité. C’est la demi-pension qui n’est plus adaptée, c’est la raison pour laquelle la Région en réalisera l’extension (de capacité) », affirme-t-elle.

L’année dernière, La Gazette indiquait que ces travaux concerneraient notamment la mise en place d’une « organisation type buffet en libre-service ». Le coût des travaux était estimé à « 650  000 euros TTC » mais la Région a revu ce tarif à la hausse avec « un budget supplémentaire de 150 000 euros pour l’intégration du tri sélectif et divers travaux sur la demi-­pension ».