Démuni de vendeurs ou d’hôtes de caisse, le commerce qui va bientôt ouvrir ses portes dans la commune est d’un genre tout particulier. Son concept : une supérette intelligente, capable de contrôler le panier des clients et de les facturer à leur sortie sans l’intervention humaine.

Lundi 6 septembre les élus issoussois se sont majoritairement prononcés en faveur de l’implantation de la supérette autonome « Boxy » sur le parking du gymnase, rue de la Gare. Si le maire et son équipe, l’ont présentée comme une réponse de proximité face aux carences commerciales du village, les conseillers de l’opposition ont, quant à eux, regretté que les frais de raccordement soient à la charge de la commune.

C’est le téléphone du client qui fera office de clé pour pénétrer dans le commerce de 15 m² et pouvant accueillir jusqu’à cinq clients simultanément. Selon Cyril Atlan, le directeur de la société Storelift qui produit la « Boxy », environ 270 produits garniront les étalages. Il s’agira essentiellement de produits de première nécessité « aux prix des supermarchés ».

« La technologie permet d’avoir des balances sur l’ensemble des produits : si vous prenez une bouteille d’eau le poids va se soustraire et si vous reposez le poids va revenir à la normale et donc le produit ne vous sera pas facturé », détaille, du procédé de paiement, Cyril Atlan. Ce dernier précise que les clients ne sont débités que 24 heures après l’achat en cas d’erreur de l’intelligence artificielle. Une convention d’occupation de l’espace public de trois ans encadre l’implantation de l’épicerie connectée.

Cela dit, le maire issoussois, Lionnel Giraud (SE) n’a pas manqué de souligner que cette épicerie ouverte 24/24h était un « choix par défaut », puisqu’il aurait préféré voir s’installer un commerce plus traditionnel. Avant l’été, la Ville avait en effet publié un appel à candidature pour emménager dans des locaux du bailleur I3F, en vain.

« Ça évitera aux habitants de prendre la voiture pour aller jusqu’à Limay pour aller acheter seulement un ou deux produits ou à Guitrancourt pour aller dans un magasin (Lidl, Ndlr) qui était anciennement à Issou », positive l’élu. Selon l’adjoint chargé du développement économique, Aurélien Miché, la nouvelle supérette devrait ouvrir « à la fin de l’année », la commune menant actuellement les démarches de raccordement électrique moyennant une redevance annuelle de la société de 100 euros avec une clause de 100 euros supplémentaires « pour tout palier de 100 000 euros HT de chiffre d’affaires franchi ».

Sur ce point, Patrick Perrault, conseiller municipal d’opposition, se montre plutôt mécontent. « Cette convention c’est : à vous [l’entreprise Storelift] les bénéfices et à nous les charges puisque l’électricité sera prise en charge par les Issousois, juge-t-il. Et votre participation sur le domaine public, 100 euros par an, c’est quand même un peu dérisoire. » À l’exception d’Isabelle Lawson, qui s’est abstenue, les membres de la minorité ont voté contre le projet.