La mobilisation ne retombe pas autour du projet de construction d’un centre pénitentiaire de 700 places. La semaine dernière, deux manifestations rassemblant respectivement 450 et 250 personnes se sont tenues devant la mairie. Une nouvelle fois, Magnanvillois et habitants des communes alentours ont exprimé leur désapprobation et leurs inquiétudes de voir s’implanter ce type d’établissement. A l’origine de la pétition, Carole Delehonte a indiqué qu’un collectif était en cours de création afin de pouvoir communiquer plus facilement, émettre des propositions et centraliser les éventuelles démarches juridiques ou ­administratives.

« C’est compliqué d’être contre quelque chose qui est nécessaire. Maintenant, est-ce que le lieu est approprié ? », interroge Nabil, Soindrais depuis 1993. Le quadragénaire s’inquiète surtout pour sa fille, actuellement en CM2. « La construction, ce sera pile pendant ses années lycée », déplore-t-il. Un peu plus loin, une Magnanvilloise de longue date s’inquiète elle des possibles retombées professionnelles : « Je suis assistante maternelle, […] par rapport aux enfants que j’accueille puisque c’est déjà en temps normal une sacrée responsabilité, là encore plus, et est-ce que les parents voudront toujours me confier leurs enfants ? »

La récente sortie d’Eric Dupond-Moretti lors d’une émission sur BFMTV interpelle également bon nombre de manifestants, qui y voient un signe de connivence avec le maire DVG Michel Lebouc (que ce dernier réfute, voir ci-dessous). Interrogé à propos de la surpopulation carcérale et des nouvelles places de prison, le garde des Sceaux indique : « Il y a 15 000 places qui seront sorties de terre d’ici 2027 et j’ajoute plus encore, notamment Magnanville vous le savez, et je salue l’esprit républicain du maire parce qu’il faut être courageux quand on est maire d’une commune pour accepter la construction d’un ­établissement pénitentiaire. »

Dans les rangs des manifestants, Anne, également assistante maternelle, mais du côté des Cytises, circule, pétitions papiers en main.

« On n’était pas au courant j’y crois moyen […]. Il a fait ça dans son coin sans concerter les alentours, c’est un manque de respect », fulmine Céline, Mantevilloise résidant dans le secteur du bois des Enfers. Le député de la huitième circonscription, Michel Vialay (LR), pointe lui un manque de concertation et une mauvaise communication du Garde des Sceaux. « C’est une décision à laquelle les élus locaux ne peuvent s’opposer, écrit-il dans un courrier daté du 4 octobre. […] Vous avez pris une décision, assumez-là en organisant, sans délai une concertation avec ceux qui seront impactés. »

Dans les rangs des manifestants, Anne, également assistante maternelle, mais du côté des Cytises, circule, pétitions papiers en main. « Ça a été le choc, pourquoi chez nous, […] si près du lycée, des habitants », se questionne-t-elle. Elle aussi regrette le manque de communication du maire, informé avant l’été : « Bonne ou mauvaise nouvelle, il n’avait pas à nous la cacher. » Carole Delehonte a officialisé la création du collectif en fin de manifestation « afin de mettre en place des actions qu’on fera remonter au plus haut niveau, étape par étape ».

Le seul soutien public au projet est venu du député de la neuvième circonscription Bruno Millienne (Modem). « Le choix de notre territoire, pour l’installation de cet équipement, au-delà des craintes […] qu’il suscite représente une réelle opportunité pour son développement, fait-il savoir par communiqué de presse. Ce ne sont pas moins de 700 emplois directs et indirects qui seront créés et qui seront bien sûrs ­accompagnés par l’État. »