L’inquiétude des syndicats centraux d’ArianeGroup était justifiée. Comme le relatait La Gazette dans son édition du 6 octobre, ces derniers craignaient que le site des Mureaux soit concerné par le plan de départ annoncé le 23 septembre. Il prévoyait la suppression de 600 postes en France et en Allemagne d’ici la fin de l’année 2022. Le 8 octobre, durant un comité social et économique (CSE) central de la société, la direction d’ArianeGroup a annoncé que, dans le cadre de ce plan de départ, le site muriautin, qui emploie actuellement environ 2 000 personnes, connaîtra bien une ­réduction de 171 postes.

« Tous nos sites en France sont concernés par une réduction des effectifs ainsi que tous nos sites en Allemagne », affirme ArianeGroup en justifiant cette baisse par un besoin pour l’entreprise d’accroître sa compétitivité. Quant au nombre des 600 postes concernés initialement par le plan de départ tel qu’il a été annoncé le 23 septembre, la direction insiste sur le fait que ce chiffre a néanmoins été revu à la baisse depuis la réunion du 8 octobre.

« Nous avons précisé lors du comité central d’entreprise le fait que c’était 588 postes dont un peu moins de 530 en France et le reste en Allemagne », déclare-t-elle en précisant que cela concernera les fonctions dites de structure n’entrant pas dans le processus de production, qu’il s’agisse de la partie civile ou ­militaire.

Du fait de ces diminutions de postes à venir, l’ambiance ne serait pas des plus sereines à l’intérieur du site muriautin de l’entreprise spatiale européenne. C’est en tout cas ce que laisse entendre Laurent Sender, délégué syndical à la section CFE-CGC des Mureaux et délégué syndical central adjoint pour les négociations avec ­ArianeGroup.

Le site muriautin emploie environ 2 000 personnes. Selon ArianeGroup la réduction de postes d’ici la fin de l’année 2022 concernera uniquement des « départs volontaires ».

« Il y a un peu d’inquiétudes, certes, parce qu’aujourd’hui, ce n’est pas toujours très clair de savoir qui est concerné de façon individuelle », explique-t-il tandis que la société se veut particulièrement rassurante à ce sujet. « Il y aura 171 postes [aux Mureaux], oui, mais ce ne seront que des départs volontaires et uniquement des volontaires », ­indique-t-elle.

« Ce qui nous inquiète plus c’est pour ceux qui restent, renchérit Laurent Sender. Pour ceux qui restent, on essaye de s’assurer que cela ne va pas se traduire par une augmentation de la charge de travail, que le travail qui est fait par ceux qui partent ne soit pas transféré sur eux. » Le délégué syndical de la CFE-CGC espère également que les départs seront suffisamment réfléchis par la direction pour qu’ils n’engendrent pas de « perte de compétences pour la société ».

Quoi qu’il en soit, depuis le 1er octobre dernier, le siège social d’ArianeGroup a quitté ses bureaux parisiens pour commencer à emménager sur le site muriautin. Selon Laurent Sender, ce déménagement s’explique par la nécessité pour l’entreprise de réduire, là aussi, ses frais. « Il a été transféré aux Mureaux parce qu’on est dans une période où il faut faire des ­économies de structures », déclare-t-il.

Pour l’édile, François Garay (DVG), l’emménagement du siège social d’ArianeGroup aux Mureaux est en tout cas apprécié. « C’est important d’avoir le siège social quand même […]. Cela vaut le coup pour nous, c’est intéressant pour nous », affirme-t-il.