« La rénovation de ces quartiers, c’est le sujet clé, pas du tout du mandat, mais de l’histoire de Verneuil car aujourd’hui si on ne le fait pas, on tend à la catastrophe », assure le maire vernolien, Fabien Aufrechter (LREM), de l’importance qu’il accorde au projet de rénovation des quatre ­copropriétés dites des « Briques rouges ».

Situées au Nord-Ouest de la commune, les résidences du Parc noir, de la Garenne l’Étang, des Pâtures et de Bazincourt affichent toutes un triste visage. Construites entre 1961 et 1970 ces quatre copropriétés sont aujourd’hui touchées par des problèmes énergétiques, de vétusté et d’insalubrité alors même qu’elles comptent près de 1 500 logements et représentent un tiers de la population vernolienne. S’il est désormais urgent d’engager une opération de sauvegarde des bâtiments, les propriétaires sont cependant devant un mur financier.

Selon la présidente du conseil syndical des Pâtures, Evelyne Tiercelin, la rénovation énergétique et architecturale de la résidence composée de 190 logements, dont 80 propriétaires privés, se chiffre à environ « six millions d’euros ». Soit un reste à charge, sans aides, de 30 000 euros par propriétaire. « Et on a des copropriétaires qui ne sont pas solvables, soit parce que ce sont des primo-accédants, soit parce que ce sont des personnes âgées », souligne cette dernière.

Les solutions paraissent d’autant plus compliquées à trouver aux « Briques rouges » que le quartier ne profite pas des dispositifs de subvention de l’État déployés dans certains quartiers prioritaires de vallée de Seine. « [Lancer ce type d’opération] c’est très compliqué, c’est très technique et les conseils syndicaux ne sont pas des experts, la mairie elle a une expertise qui est limitée, mais elle peut être le chef d’orchestre », ajoute Fabien Aufrechter qui a organisé, le 19 novembre une réunion publique au complexe sportif François Pons afin de réunir 1001 vies Habitat, le bailleur des quatre copropriétés, leurs conseils syndicaux et les locataires et autres ­propriétaires.

Situées au Nord-Ouest de la commune, les résidences du Parc noir, de la Garenne l’Étang, des Pâtures et de Bazincourt doivent être rénovées.

À cette occasion, la Ville a annoncé qu’elle soutiendra les résidents dans cette opération de rénovation, notamment en prenant à sa charge le premier diagnostic nécessaire à la recherche de financements. « On a besoin d’avoir les mêmes partout pour en avoir une unique parce que nous on est capable de lancer pour les quatre [copropriétés], alors que s’il faut que chacune lance la sienne, se coordonne pour les budgets etc, on ne va jamais y arriver dans les temps, justifie l’édile vernolien. Et en pilotant la totalité, on sera ensuite légitime pour aller chercher les subventions auprès de l’État. J’aurais plus de facilité moi à me battre avec les différents interlocuteurs que chaque président de ­copropriétés individuellement. »

S’il n’a pas souhaité communiquer le budget que la Ville consacrera à ces études, Fabien Aufrechter espère cela dit pouvoir lancer les appels d’offres associés « avant Noël » pour pouvoir présenter des dossiers de subventions ficelés d’ici le début de l’année 2023. Une fois le prestataire choisi, l’étude sera réalisée en débutant par la résidence du Parc noir, choisie comme « quartier pilote ».

« C’est la seule qui est aujourd’hui en périmètre bâtiments historiques ce qui implique de très nombreuses conditions et de contraintes, mais aussi de très nombreuses aides en terme d’accompagnement de la part des ­Bâtiments de France », souligne l’édile.

Le bailleur qui est propriétaire, lui, de 789 logements sur l’ensemble du quartier prendra également sa part dans cette rénovation énergétique et architecturale. « Nos locataires nous interpellent de façon très régulière sur les constats qu’ils font sur les problèmes d’humidité dans leur logement, note Myriam Bertrand, la directrice territoriale Grand Ouest 1001 vies Habitat. Aujourd’hui, la réponse, on ne peut la gérer qu’à l’intérieur du logement alors qu’on sait que pour la régler définitivement, il faut traiter l’enveloppe du bâtiment donc on sait qu’il va falloir faire ces travaux de rénovation et rendre plus performants ces bâtiments. »

Devant les 150 personnes présentes elle poursuit : « L’engagement que nous on prend, c’est de se mettre au rythme de la copropriété, il y en a certaines qui ont réalisé des travaux en chaufferie cette année, il y en a d’autres qui ont voté (celle de la Garenne l’Étang notamment au mois d’octobre, Ndlr) une étude globale sur la rénovation thermique, d’autres qui traitent des pathologies […] en tout cas on ne veut pas être un frein. »