La colère, contenue depuis des semaines, voire plusieurs mois, a éclaté. Le 8 décembre dernier, une réunion a été organisée à l’espace Boris Vian, pour évoquer les problèmes rencontrés par les abonnés fibre dans tous les quartiers de la ville. Jean-Claude Brier, délégué régional Altice France (groupe auquel appartiennent SFR et Xp Fibre, chargé de l’installation des armoires, Ndlr), a évoqué des pistes pour sécuriser les armoires et éviter qu’elles ne soient vandalisées. Il a également abordé la question de la relation avec les sous-traitants, chargés des branchements, pointée comme problématique par les riverains. Une adresse courriel dédiée, fibre@mairie-acheres78.fr a été mise en place par la Ville, afin de faire remonter les doléances.

« C’est un sujet délicat qui touche tout le monde, débute Marc Honoré (DVD), le maire achérois. Compte-tenu de la pandémie, du télétravail, du travail des enfants, directement sur les réseaux, on peut comprendre et je pense qu’SFR peut le comprendre, que c’est impératif d’avoir des lignes qui fonctionnent. » Et l’élu ne croit pas si bien dire, au vu des témoignages exprimés ce soir-là, décrivant tous une ­situation catastrophique. « Depuis mars j’ai été coupée 157 fois, s’indigne une Achéroise arrivée au printemps dans la résidence Horizons, dans le quartier de la Petite arche. […] Je suis prélevée de mon abonnement. On peut tout entendre, vous êtes là, vous expliquez, mais je pense qu’à un moment donné il faut vous mettre aussi à la place de tout le monde. » Elle aussi évoque un problème de comportement des sous-traitants : « On nous dit qu’aujourd’hui il n’y a pas assez de branchements […]. Quand le sous-traitant vient, maintenant ça devient un jeu, les techniciens nous donnent leur numéro de portable personnel et on nous dit pour 30 euros on peut vous ­rebrancher. »

Vingt armoires sont actuellement implantées au sein de la commune, pour environ 11 000 points de raccordements, ouverts à tous les ­opérateurs. « Je voudrais juste expliquer le fait qu’avec le Covid, évidemment les infrastructures ont connu en cinq, six mois + 60 % de clients nouveaux sur le réseau, rappelle Jean-Claude Brier. On a des armoires qui ont plus de 100 interventions par jour. Et donc évidemment l’armoire, au bout d’un moment, elle ne tient pas. »

« Je voudrais juste expliquer le fait qu’avec le Covid, évidemment les infrastructures ont connu en cinq, six mois + 60 % de clients nouveaux sur le réseau », rappelle Jean-Claude Brier délégué régional Altice France.

À Achères, des armoires ont été refaites en janvier, mais « même si on refait l’architecture interne des armoires, au bout d’un moment ça dure quelques mois et c’est à refaire. […] On se retrouve nous, opérateurs d’infrastructures dans des situations où il y a des endroits où on est obligés de reconstruire l’ensemble des infrastructures », poursuit-il. Plusieurs pistes sont à l’étude. « On essaie de contraindre les opérateurs commerciaux quels qu’ils soient […] à gérer autrement leur sous-traitance, explique le représentant d’Xp Fibre. C’est-à-dire que les opérateurs s’engagent également maintenant à ne plus avoir X rangs de sous-traitance. » Pour la sécurisation des armoires, sont aussi évoqués la mise en place de serrures électroniques ou encore le compte-rendu d’intervention, effectué par le technicien. « Les techniciens, quand ils interviennent pour le compte d’un opérateur commercial, doivent prendre un cliché avant et après l’intervention, détaille-t-il. Et ces photos sont envoyées à l’opérateur d’infrastructures, donc en l’espèce Xp Fibre, et elles vont être examinées grâce à des outils ­d’intelligence artificielle. »

Dans les rangs du public, circule une pétition, qui a recueilli 878 signatures. « Depuis le mois d’avril je n’ai plus rien. Et au mois de septembre, mon opérateur […] m’a dit malheureusement nous ne pourrons rien faire pour vous, SFR a le monopole de la fibre, il faut aller chez eux, fulmine une Achéroise. Moi je suis à l’ADSL depuis un mois et franchement nickel. […] C’est l’âge de pierre, mais je vais beaucoup plus vite que certains qui ont la fibre. » Jean-Claude Brier souligne que tous les sous-traitants ne sont pas concernés, évoquant la situation à Conflans-Sainte-Honorine : « À Conflans, il y a deux ou trois personnes qui sont les collaborateurs de sous-traitants, qui vous mettent le bazar sur le périmètre de la ville parce qu’ils travaillent pour un opérateur commercial qui rentre sur le marché, et qui donc est agressif commercialement. […] On voit bien que ça tient à deux, trois ­personnes, sur un périmètre ­restreint. »