L’ambiance était certes plus apaisée que lors des deux premières réunions consacrées au projet immobilier devant prendre place au 4 rue d’Eylau. Mais la petite cinquantaine de riverains présente au soir du mardi 8 février n’a pas encore affiché une pleine satisfaction suite aux nouvelles modifications apportées par le promoteur Ogic concernant ce projet de 40 logements dont 16 sociaux. L’architecture proposée reste ­toujours un point de désaccord. En ouverture de la réunion, Nicolas Lacour, directeur régional Île-de-France Ouest d’Ogic, indique qu’une réunion a eu lieu au début du mois de février avec l’architecte des Bâtiments de France « pour justement faire état de ce rejet de cette architecture moderne qui ne correspondait pas aux attentes des Andrésiens pour ce lieu ». Tout en précisant qu’un avis favorable de ce dernier est nécessaire afin d’obtenir le permis de construire.

De nouvelles modifications ont ainsi été faites, concernant les toitures, avec des pentes un peu plus prononcées, ou encore l’apparition de volets en bois. « Vous avez également interrogé les balcons filants en indiquant que pour vous c’était une architecture représentative des années 1970, rappelle Nicolas Lacour. […] On a entendu cette demande et on a cassé la linéarité des bâtiments […], c’est toujours le même bâtiment B sauf qu’il est fractionné, on a créé un jeu de retraits avec un système de balcons qui n’est pas filant sur l’ensemble de la façade. »

« En effet on n’a plus un cube mais c’est pfff, c’est froid, déplore l’un d’entre eux. […] Oui il y a un toit, oui il y a moins de balcons, mais je dirais je suis désolé, c’est mon ressenti, ça manque de charme. » Plusieurs approbations de la tête se font dans le public. Plusieurs membres du public font une nouvelle fois part de leur désapprobation suite à la démolition de la maison de maître, pan d’histoire du quartier. « On ne fait pas une reconstruction à l’identique parce que le bilan économique ne le permet pas, on ne peut pas se payer les Compagnons qui seraient en mesure de reconstruire à l’identique ce bâtiment, insiste Sébastien Le Men, architecte. […] En revanche, on conserve l’enceinte stricte du bâtiment, on reconstruit la volumétrie et finalement c’est ça la ­mémoire de ce lieu. »

Une Andrésienne souligne toutefois « des efforts malgré tout », mais persiste et signe : « La vie que vous nous proposez ce n’est pas celle que l’on veut. » Un autre riverain prévient : « Tant qu’on n’aura pas épuisé toutes les ressources qui sont à notre disposition, sachez qu’on sera contre ce projet sur la base de ce côté historique. » Une quatrième réunion devrait avoir lieu dans le courant du mois de mars.