Des projets de chantiers, Voies navigables de France (VNF) n’en manque pas cette année. Le 11 février, la société en charge de l’entretien, de l’exploitation et du développement du plus grand réseau européen de voies navigables à travers 6 700 kilomètres de fleuves, canaux et rivières canalisés et 4 000 ouvrages, a annoncé, par communiqué de presse, que sur les différents projets prévus en 2022 sur le bassin de la Seine et de la Loire aval, deux sont prévus en vallée de Seine. Il s’agit de la poursuite de la rénovation et de l’allongement des écluses de Méricourt et de la suppression de dépôts sauvages pollués au niveau d’un site appartenant au domaine fluvial géré par VNF situé chemin du Giboin, à Epône.

« Sur ce site, on a constaté une accumulation de dépôts sauvages […]. Il s’y mêle des gravats, des matériaux de construction en tout genre dont certains ont un caractère polluant avec notamment des plastiques, des ferrailles, des caoutchoucs », indique VNF en précisant que la superficie du site à traiter en bord de Seine s’étend sur « ­environ trois hectares ».

Rappelant les dangers environnementaux qu’ils représentent en termes de pollution, VNF explique aussi que leur localisation près du fleuve n’est pas sans conséquence sur les risques d’inondations. « En cas de crue, il faut que la Seine puisse s’étendre mais ces dépôts sauvages viennent faire obstacle. On risque donc de se retrouver avec des inondations plus importantes dans d’autres zones parce qu’elle n’aura pas pu s’étendre sur ces zones-là », précise l’établissement public en invitant chacun à faire preuve de civisme.

Pour faire cesser les dépôts sauvages sur ce site avant leur extraction, VNF l’a d’abord sécurisé en coopération avec la police municipale épônoise. VNF envisage désormais, à partir de mars, d’enlever la végétation ayant poussé au niveau de ces dépôts pour permettre aux entreprises chargées de les extraire d’y accéder aisément. La durée totale du chantier n’est pas connue mais « l’essentiel devrait être fait dans l’année » et dépendra également de la nature de certains matériaux qui seront découverts. Le coût du chantier, subventionné par la Région, est estimé à « trois millions d’euros TTC » mais il pourrait augmenter en fonction de la nature des matériaux ­pollués.

« Chaque semaine plus de 250 bateaux passent à Méricourt », affirme Gaétan Jacolin, responsable du chantier de rénovation et d’allongement des écluses à Méricourt. Selon lui, cela représente annuellement « 30 % du trafic national ».

Du côté des écluses de Méricourt, le projet s’annonce beaucoup plus long. Comme le relatait La Gazette en septembre 2020, le chantier qui avait débuté cette année-là est prévu jusqu’en 2024. Gaétan Jacolin, responsable du projet de rénovation et d’allongement des deux écluses méricourtoises, le confirme en insistant sur le fait que la circulation fluviale ne sera pas interrompue. « On est sur un itinéraire qui va de Paris à Rouen donc si on a un seul maillon de tout l’itinéraire qui est interrompu, toute la navigation sur la Seine est interrompue. Il n’est donc pas question et il est impossible pour Voies navigables de France d’interrompre la circulation sur la Seine et donc à Méricourt », justifie-t-il de cette décision en expliquant que, « chaque semaine plus de 250 bateaux passent à Méricourt », ce qui représente annuellement « 30 % du trafic national ».

Pour cela, le chantier est divisé en plusieurs phases. Les travaux de consolidation de la porte levante de la plus grande des écluses, capable d’accueillir des bateaux de 180 mètres de long ont déjà été effectués. Ces travaux étaient nécessaires pour pouvoir garantir le passage de l’ensemble des navires le temps des travaux d’allongement de la plus petite écluse. « [La plus petite écluse] on est en train de la passer de 160 à 185 mètres et là on a des travaux très importants de génie civil qui sont en cours pour justement rendre concret cet allongement », affirme Gaétan Jacolin le 22 janvier. Une fois cet allongement achevé, les deux écluses à Méricourt mesureront la même taille et la circulation sera ensuite basculée de l’écluse numéro deux à l’écluse numéro un le temps de la modernisation de cette première.

À terme, Gaétan Jacolin explique qu’avoir deux écluses de grand gabarit augmentera la productivité du site et n’interrompra pas le trafic des navires de 180 mètres de long en cas de panne de l’une des deux écluses. En 2022, le coût de ce projet est de « 18 millions d’euros » pour VNF mais le responsable affirme qu’au total, le prix du chantier sur quatre ans, s’élève à « près de 92 millions d’euros ».

Crédits photo : photo VNF