Inaugurés en septembre 2017, les cinq sentiers de plusieurs kilomètres du parc naturel Trek’île sont maintenant fermés depuis un peu plus d’un an, les dernières crues ayant conduit à un affaissement des berges. Et leur avenir ne s’annonce pas des plus joyeux puisque lors du dernier conseil municipal, le 9 mars, le maire EELV, Lionel Wastl, a indiqué que Trek’île pourrait rester fermé un « certain nombre de mois voire peut-être d’années ».

Des discussions sont actuellement en cours avec Voies navigables de France (VNF), qui va, courant avril, démarrer des travaux de consolidation des berges entre la passe à poissons et le barrage, pour un coût total de cinq millions d’euros. La Ville espère avoir un soutien financier que VNF n’est pas en mesure de confirmer pour l’instant. Mais l’établissement public souligne qu’il pourra intervenir sur les études déterminant les causes de cet effondrement et la ­proposition de solutions.

« Cela préfigure un avenir sombre pour l’île Nancy, […] on peut supposer que Trek’île est quasiment condamné à rester fermé », analyse Isabelle Madec, cheffe de file du groupe d’opposition Andrésy dynamique, devant le manque de programmation financière pour lancer les travaux. « Quand on était dans l’opposition municipale c’est ce qu’on n’a pas arrêté de dire à l’ancienne municipalité, que Trek’île était quasi-condamné », rappelle l’édile, qui évoquait à l’époque « un désastre écologique ». Durant ce conseil municipal, l’adjoint à l’urbanisme, Laurent Beunier, a également souligné que des discussions sont toujours en cours « pour trouver une solution » pour le parc naturel qui avait coûté 1,4 million d’euros et était subventionné par ­Département, Région et Etat.

Chez VNF, Vianney Boeuf, chef de l’unité des Boucles de la Seine reconnaît que la première des priorités était de travailler autour de la passe à poissons, du fait des mouvements constants des eaux en souterrain : « C’était quelque chose qui était dans un état évolutif, le risque il était sur la passe à poissons, il était aussi sur la stabilité du barrage, on a vraiment mis le paquet sur les études pour tenir un calendrier rapide. » Le groupement de travaux s’installera sur le site durant le mois d’avril pour démarrer le chantier. Ce dernier devrait s’achever au mois de juillet prochain. Vianney Boeuf pointe notamment un financement de « deux millions d’euros » obtenus dans le cadre du plan France relance, « qui nous a aidé à pouvoir déclencher ces travaux dans les temps ».

Une fois ce chantier commencé, des études seront consacrées à Trek’île pour tenter de voir quelles sont les possibilités et les proposer à la Ville. « Il va falloir qu’on arpente un petit peu, voir ce qui est sauvable, note Vianney Boeuf. […] La question qui va se poser c’est est-ce que les effondrements de berges qui ont eu lieu dans les années récentes, est-ce que ça va revenir, et dans ce cas là effectivement, c’est un peu le rocher de Sisyphe, est-ce qu’on conforte la berge pour qu’elle se ré-effondre après ? Où est-ce qu’on parle d’une situation qui est un peu plus exceptionnelle et dans ce cas il pourrait y avoir un retour du Trek’île ? »

Il prévient toutefois de l’implication financière de VNF : « Il faudrait trouver une porte d’entrée, pour l’instant, je ne veux pas être définitif, il y a une chose qui est sûre par rapport à la doctrine qui est que VNF ne conforte pas les berges naturelles […]. Si on reste sur un chantier qui serait uniquement du confortement de berges, on ne pourra pas être un partenaire financier. » Du côté de la Ville, la position est en tout cas claire. « Ce ne sont pas les communes qui financent les écroulements des berges de la Seine, aucune commune n’a les moyens financiers et bien évidemment on ne les a pas », tranche Lionel Wastl.