Vive émotion ce vendredi 13 mai dans le petit village de Gaillon-sur-Montcient qui enterrait son maire, Jean-Luc Gris, décédé subitement d’un arrêt cardiaque cinq jours plus tôt. Une foule émue, composée de ses proches, d’habitants et d’un bon nombre d’élus locaux, lui a rendu un dernier hommage à l’église Notre-Dame-de-­l’Assomption.

Sur le parvis bondé de plus de 400 personnes, le choc est immense et la tristesse profonde. Lorsque le cercueil du père de famille pénètre dans l’enceinte, la petite église « déborde comme elle n’avait jamais débordé », fait remarquer le prêtre de la commune. Un barnum avait été installé sur le parvis pour que tout le monde puisse suivre la cérémonie qui était retransmise à l’extérieur, grâce à des hauts-parleurs. Tous pleurent la disparition de celui qui était, des mots de sa femme Nathalie, « le cœur du village ».

Élu depuis 2008 dans ce petit village de 700 âmes où il s’était installé en 1999, Jean-Luc Gris est décédé à son domicile durant la nuit du 8 mai. « Tu es parti tout en délicatesse », se console sa femme au moment de prendre la parole. Père de trois enfants, Jean-Luc Gris venait de fêter ses 60 ans le 20 avril dernier. Mettant en avant l’énergie qu’il a dédiée à sa commune, son épouse le sait : « Son souvenir perdurera dans les murs, dans les rues, dans les champs de Gaillon. »

De nombreux élus locaux et personnalités politiques étaient également présents pour saluer la mémoire de l’homme et du collègue de travail. C’est la présidente de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), Cécile Zammit-Popescu, qui a parlé en leur nom. Au bord des larmes, cette dernière a notamment salué « l’investissement sans faille » de celui qui était également vice-président de GPSEO en charge de la gestion des déchets, « l’une des délégations les plus compliquées ». A entendre ceux qui le côtoyaient dans les réunions de travail, Jean-Luc Gris brillait par « sa sagesse, son sens du consensus et son esprit de ­rassemblement ».

Lorsque le cercueil du père de famille pénètre dans l’enceinte, la petite église « déborde comme elle n’avait jamais débordé », fait remarquer le prêtre de la commune.

« Les valeurs qu’il portait étaient similaires aux nôtres », indique-t-on du côté des sapeurs-pompiers avec qui l’édile entretenait des liens étroits. Lors de ses premières années aux responsabilités, ce dernier avait notamment lancé, dans l’église paroissiale, la restauration de la statue Sainte-Barbe, sainte patronne des pompiers et des ­mineurs.

Du côté des riverains, Roland, lui, gardera le souvenir d’un homme convivial, disponible et à l’écoute. « Avec lui, il n’y avait jamais d’embardée, c’était quelqu’un plein de diplomatie, fait-savoir ce retraité, natif de la commune. Je me souviens que s’il y avait un différend de voisinage, il mettait les gens devant leurs responsabilités. » Sous la tente, placée près des couronnes de fleurs, ses voisins, eux, n’arrivent pas à décrocher un seul mot tant la douleur est forte.

En fin de cérémonie, l’émotion est encore grande lorsque le corps de Jean-Luc Gris passe les portes de l’église. En guise d’adieu, tous se lèvent d’un seul homme et le village applaudit chaudement son maire, comme pour le remercier pour le travail accompli.