La mission d’information et d’évaluation (MIE), créée par la Région dans le cadre des surcoûts liés au chantier Eole (prolongement du RER E à l’Ouest jusqu’à Nanterre (Hauts-de-Seine) et Mantes-la-Jolie, Ndlr), se poursuit. Mi-mai, ses représentants ont interrogé Richard Delepierre (Renaissance), vice-président aux mobilités au Département des Yvelines, et Georges Siffredi (LR), président du Département des Hauts-de-Seine. Tous deux ont pointé publiquement un manque d’informations de la part de la maîtrise d’ouvrage, SNCF Réseaux.

Pour le rapporteur de la MIE, Jean-Marc Germain (PS), ces auditions avaient pour but de pouvoir « tirer des enseignements » de cette relation entre maîtrise d’ouvrage et financeurs et se demander « qu’est-ce que l’on pourrait améliorer en matière de gouvernance », mais également de savoir si les financeurs dont font partie les deux collectivités, ont été destinataires en temps et en heure des surcoûts.

« Clairement les financeurs n’ont pas été suffisamment informés de l’évolution du projet et des coûts, tranche Richard Delepierre. Les dépassements budgétaires n’ont pas suffisamment fait l’objet d’un reporting suffisant quant aux impacts potentiels en termes de coûts et de délais. […] Le cadre de gouvernance du projet n’a pas été pleinement employé pour permettre une information circonstanciée et anticipée des financeurs qui leur aurait donné la possibilité de se positionner en matière de prise en charge, ou ­d’alternatives. »

Si pour lui, la gouvernance du projet n’a pas failli, il souhaite cependant qu’elle soit plus contraignante afin de mieux contrôler coûts et délais : « Une piste qui pourrait être à travailler serait que les financeurs mettent en place un réel contrôle extérieur des travaux via un prestataire externe, ce qui permettrait de contraindre la SNCF à rendre des comptes en continu sur l’évolution des coûts et des plannings. »

Face aux interrogations devant le nombre de réunions réalisées, Georges Siffredi précise : « [Il s’agissait] plus des réunions techniques d’informations que de partage, y compris lorsqu’étaient abordés des sujets de coûts, là aussi il n’y avait pas une vraie information des risques. Il n’y avait pas de choses concrètes, réelles sur quoi s’appuyer. »