Lors de sa séance du 24 juin dernier, le Département a acté la signature d’une convention avec le syndicat mixte ouvert et interdépartemental Seine et Yvelines numérique, visant à déployer 51 dispositifs de télémédecine à travers les Yvelines à partir de novembre 2022, afin de lutter contre la ­désertification médicale.

Pouvant prendre la forme de « cabines de téléconsultation médicale, borne ou mallettes », ces dispositifs seront déployés dans les sites départementaux, comme les Territoires d’action départementale ou encore certaines maisons médicales et le bus santé. Un appel à manifestation d’intérêt départemental sera aussi lancé à la rentrée pour en installer au sein de structures non départementales.

En séance, le rapporteur et maire de Maule, Laurent Richard (LR), énumère les difficultés rencontrées : « On a un triple constat qui est à la fois une répartition géographique qui n’est pas optimisée des médecins, une démographie médicale qui est vieillissante, 44 % des médecins ont plus de 60 ans actuellement en Yvelines, et puis, bien sûr, une insuffisance face à une demande de soins croissante par le vieillissement de la population et le traitement des maladies chroniques. »

Via sa centrale d’achat ouverte à tous les acteurs publics du territoire, Seine et Yvelines numérique sera chargé de l’acquisition de ces dispositifs, qui seront installés en priorité dans les zones rurales et les quartiers en politique de la Ville, suivant une cartographie des déserts médicaux. « Ce dispositif complet va représenter un bel effort, souligne Laurent Richard. Cela représente 9,1 millions d’euros d’investissement dont 8 millions passent pas Seine et Yvelines numérique dans le cadre de cette convention, et en fonctionnement 786 000 euros dont 220 000 passent par Seine et ­Yvelines ­numérique. »

« L’objectif est de maintenir une offre de soins de proximité », insiste Myriam Elkoby, responsable des projets E-santé pour le Département des Yvelines. Accessibles sur rendez-vous, via un numéro de téléphone, une application web ou mobile, les cabines de téléconsultations permettront aux patients d’être mis en relation avec des praticiens, généralistes ou spécialistes, des Yvelines ou de l’Île-de-France.

« Nous travaillons avec l’Agence régionale de santé, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, les communautés professionnelles territoriales de santé, l’Ordre des médecins », poursuit Myriam Elkoby à propos des modalités d’implantation et de l’utilisation de ces dispositifs par les praticiens. Côté patient, certains dispositifs seront équipés de matériel médical certifié et connecté permettant un examen médical à distance par le médecin. Seine et Yvelines numérique intervient égalementpour garantir le raccordement au très haut débit et s’assurera de la bonne protection et la sécurisation des données de santé des patients.

« Une première action a été menée par le Département pour créer des maisons médicales et maintenant à travers cette télémédecine donc une médecine de consultation avec les moyens numériques contemporains comme on fait du télétravail on fait de la télémédecine », détaille le président du ­Département, Pierre Bédier (LR).

Un dispositif que le Département déploie depuis avril 2021 puisqu’il avait accordé une subvention de 36 000 euros à l’association médicale Centre de santé Télé-Ophtalmologie Mobile, « aux fins de financement d’un camion et du matériel de Télé-Ophtalmologie nécessaires au projet de téléconsultation dans les Yvelines pour une période d’un an », rapportait alors la délibération.

« Pour l’instant c’est la solution qui nous paraît la plus pertinente, on est aussi dépendants des entreprises qui trouvent des solutions, ce n’est pas nous qui avons inventé la cabine de télémédecine, souligne Pierre Bédier. […] Chaque fois que des entreprises viendront nous voir avec des innovations technologiques qui permettent d’améliorer la santé des Yvelinois, le Département s’y ­intéressera de près. »