
Pour la deuxième fois cette année, Guillaume Kasbarian se retrouvait à Poissy, cette fois-ci avec une nouvelle casquette. Exit celle du ministre du Logement, le voici avec celle du ministre de la fonction publique en cette journée du 15 novembre. Dans ses prérogatives se trouve un chantier énorme : simplifier et améliorer le service public. Car selon lui, se sentir bien permettrait de « donner le meilleur de soi-même ». Peut-être même d’éviter les arrêts maladie et ainsi les éventuels trois jours de carence qu’il voudrait imposer… « Nos fonctionnaires ne sont pas là pour jouer aux cartes. Je le dis ! clame la maire pisciacaise Sandrine Berno dos Santos. Venez prendre exemple ». Dont acte.
Après une visite au centre hospitalier intercommunal Poissy-Saint-Germain (CHIPS), la moustache la plus frétillante du gouvernement assure que la paperasse administrative est « la préoccupation première des soignants », prenant comme exemple les 1 500 applications qui existent au sein de l’établissement de santé. « Elles ne sont pas forcément connectées entre elles et cela pèse sur la bureaucratie » précise-t-il. Ensuite, entouré de Karl Olive et de l’édile local, le ministre fait le point sur la mesure phare des dernières années dans la cité Saint-Louis : le sport au travail.
Depuis 2017, le député de la 12ème circonscription se targue d’avoir fait de sa ville – quand il officiait en tant que maire – la seule commune de France à proposer 2 h d’activité physique dans le cadre du temps de travail. Guillaume Kasbarian assiste donc à un cours de badminton dans lequel se trouvent plusieurs agents administratifs et se permet même de taquiner le volant avec eux. Le directeur des ressources humaines, Antoine Rialland, explique que grâce à cela, le taux d’absence qui était de 20 jours/an/agent en 2014 est tombé à 15, générant ainsi 1 million d’euros d’économies.

Cette manne financière, la Mairie l’a ensuite réinvestie en partie dans l’achat de matériel adapté comme des exosquelettes pour le service logistique ou l’entretien des espaces verts. « Depuis, il n’y a eu aucun accident du travail pour la dizaine de personne concernées » détaille le DRH. Mais comment faire pour investir quand les caisses de l’État sont vides ? « Vous noterez aussi qu’en 2014, la situation financière de la Ville était aussi compliquée, se justifie le ministre de la fonction publique. Ça a un coût mais il y a aussi un retour sur un investissement. »
Il a balayé d’un revers de main la polémique de son « tweet banal » à l’adresse d’Elon Musk, son futur homologue étatsunien. « Vous contribuez comme commentateur, a-t-il commenté en lançant une pique à l’adresse des journalistes. Il se trouve que les États-Unis sont un allié depuis 250 ans et il y a une amitié quels que soient les gouvernements. » Une justification qui n’a pas convaincu l’intersyndicale de la fonction publique, dont le dialogue avec son représentant étatique reste tendu après les annonces d’économie. Une majorité des organisations (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP) a appelé à une journée nationale « d’action » et de « grève » le 5 décembre.
Des félicitations qui font réagir
Élu 47ème président des États-Unis, Donald Trump commence à former son gouvernement lorsqu’il rentrera officiellement à la Maison Blanche en janvier prochain. Après la nomination de Robert Kennedy Jr dans un poste équivalent à notre ministre de la Santé, c’est une autre personnalité controversée qui accède à des fonctions ministérielles : Elon Musk. Le milliardaire d’origine sudafricaine, qui a transformé Twitter en caisse de résonance complotiste et raciste, occupera le poste de ministre de l’efficacité gouvernementale.
Quelques heures après cette annonce datant du 13 novembre, Guillaume Kasbarian, ministre de la fonction publique, a salué son futur homologue, ce qui a fait réagir Benjamin Lucas. Le député de la 8ème circonscription l’a comparé à Trump au micro de LCI : « C’est une forme de trumpisme. C’est-à-dire balancer une énormité dans un moment de difficulté, provoquer sans cesse et nuire à des catégories entières de la population. » Idem pour son homologue de la 7ème circonscription Aurélien Rousseau. « On en est à féliciter Elon Musk ? Non, vraiment, ce n’est pas possible, a-t-il écrit sur X. Ce message pourrait être simplement dérisoire mais c’est surtout une défaite de plus pour les principes et valeurs républicains. »