Jean-Pierre Laigneau : « Je ne me voyais pas arrêter en si bon chemin »

Élu en 2020 avec deux petites voix d’avance, Jean-Pierre Laigneau est candidat à sa réélection pour les prochaines élections municipales.

Il y a six ans, vous aviez annoncé ne vouloir mener qu’un mandat. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?
Je considérais que le travail n’était pas terminé. Il y a des gros dossiers que je voudrais encore accompagner : l’éco-quartier de 392 logements, la réhabilitation de l’école des Sables… Et puis, je trouvais que la relève n’était pas assurée.

Pourtant, vous comptiez passer le flambeau à votre première adjointe, qui aujourd’hui se présente face à vous après que vous lui ayez retiré ses délégations…
J’ai vu évoluer mes élus pendant le mandat. Je me suis fait une opinion, qui n’était pas forcément la même que quand j’ai été élu en 2020. À partir du moment où j’ai évoqué l’idée que je voudrais peut-être me représenter parce que le travail n’était pas terminé, s’est constitué à l’intérieur de la majorité une opposition avec des choses assez désagréables sur moi. Ce qui a fait que j’ai eu, à un moment donné, une perte de confiance. Et que je ne me voyais pas arrêter en si bon chemin.

Quel regard portez-vous sur votre bilan ?
Je pense que nous avons un bon bilan dans le contexte que nous avons eu. Avec le Covid, la prise de fonction a été quand même assez compliquée. Mais je pense que les élus de ma majorité ont fait un bon travail. Je ne vais pas, moi, critiquer les élus auxquels j’ai retiré des délégations. Ils ont accompli un certain nombre de choses, aussi bien dans le scolaire que dans l’urbanisme. Et on peut être fiers du mandat que nous avons fait, avec les réalisations comme la Maison Médicale, qui est une des plus belles des Yvelines, la réhabilitation de la Maison des Associations, l’aménagement du Pôle gare…

Qu’avez-vous appris pendant ce premier mandat, et que changeriez-vous dans votre approche en cas de réélection ?
Que c’est dur d’être maire ! (rires) Dans ma démarche, je ne changerais rien du tout. Je pense que je ferais peut-être encore plus participer la population, avec comme exemple la construction des 392 logements de Fauveau : on a fait des groupes de travail dans les différents quartiers, un comité consultatif…

La sécurité est un enjeu majeur de cette campagne. Avez-vous prévu d’y allouer des moyens ?
Alors moi, je vais peut-être détonner un peu, parce que je considère, chiffre à l’appui de la part du commissariat de Conflans qui suit notre circonscription, que Villennes est l’une des villes les plus sécuritaires de la région. Il y a des cambriolages, c’est vrai. Mais une ville sans cambriolage, il n’y en a pas beaucoup.

J’ai augmenté la Police municipale, nous avons maintenant sept policiers municipaux et un ASVP. L’objectif de la prochaine mandature, c’est d’embaucher encore trois autres policiers pour faire une nuit le week-end. Et j’ai aussi armé la police municipale. Pour ce qui est de la vidéoprotection, on a déjà 57 caméras, la ville est déjà bien maillée mais on va l’augmenter, parce qu’il y a de nouveaux quartiers qui vont se faire. On a installé dernièrement une borne d’appel d’urgence en centre-ville, il y en a une autre qui sera installée au complexe ­sportif.

L’urbanisme est un sujet sensible à Villennes. Quelle sera la philosophie lors d’un éventuel second mandat ?
Avec la loi SRU, qui oblige les collectivités locales à faire 25 % de logements sociaux, si on ne construit pas, on a la double peine : une pénalité, et l’obligation de construire. On a des obligations triennales qui sont faites par la direction départementale du territoire sous la responsabilité de la préfecture. Et si on ne les respecte pas, le Préfet peut carencer la ville, prendre la main sur l’urbanisme et construire ce qu’il veut. On a réussi à rétablir une certaine confiance entre la préfecture et nous, on tient encore l’urbanisme.

J’ai réussi à arrêter certains projets comme la Clémenterie, où il y avait 85 logements. Après de longues discussions avec le promoteur et la propriétaire, il n’y aura que 4 pavillons. À d’autres endroits aussi, on s’est opposés, comme sur l’immeuble orange. Nous nous sommes opposés à un projet de l’I3F qui devait construire 26 logements. Donc, un urbanisme raisonné, contrôlé, dans la limite de nos obligations.