Meurtre d’Olivio Gomes : le policier condamné à 10 ans de prison

Pendant une semaine s’est tenu au tribunal de Versailles le procès d’un policier de la BAC accusé d’avoir assassiné Olivio Gomes pendant un contrôle, juste devant chez lui. Le membre des forces de l’ordre a été condamné à 10 ans de prison.

Collectif Oliv’Vit’Haut

Durant 5 jours, le tribunal de Versailles a dû statuer si oui ou non, Gilles G., officier de la brigade anticriminalité de Paris (BAC75), a tué le Pisciacais Olivio Gomes devant son domicile le 17 octobre 2020, sans état de légitime défense. En résumé, un meurtre. La justice a tranché et a dit oui, après un délibéré qui aura duré 24h. Le membre des forces de l’ordre passera donc les 10 prochaines années de sa vie entre les barreaux. Ce verdict est loin d’être une surprise. La veille, l’avocat général avait asséné que le « baceux » n’aurait jamais dû « devenir policier » comme le relate Le Parisien.

Ce qui a le plus choqué les magistrats, c’est la manière dont les trois policiers présent ce soir-là ont tenté de se couvrir. Rappel des faits. À bord de sa Clio grise, Olivio rentre d’une soirée avec deux amis où il a bu et consommé du cannabis. L’homme de 28 ans emprunte le périphérique et double les fonctionnaires d’état. Ceux-ci entament une filature discrète et c’est au niveau du Chesnay qu’ils indiquent au père de 2 enfants – et même bientôt trois car sa femme était enceinte au moment des faits – de s’arrêter. Olivio ne s’exécute qu’une fois arrivé dans le quartier Beauregard de Poissy, là où il réside. Il tente d’ouvrir sa portière pour procéder au contrôle mais est bloqué par le véhicule de police. Il redémarre pour avancer et là, Gilles G. lui tire trois fois dessus, le tuant instantanément.

Sauf que les membres de la BAC75 vont manipuler les faits et soutenir devant l’IGPN (inspection générale de la police nationale) qu’il y a eu une course-poursuite, que la voiture roulait de manière erratique et que le Pisciacais a tenté d’écraser son meurtrier. Mais l’analyse des vidéos de l’autoroute A13 et la reconstitution des faits vont mettre à mal tout cet argumentaire. « Trois tirs, c’est important, cela marque une détermination. C’est un homicide d’un jeune homme par un policier » en concluait l’avocat général, des propos ­rapportés par le quotidien d’informations régionales.

L’homme de loi trouvait comme seule circonstance atténuante « la fragilité » du fonctionnaire dont l’entrée de manière « latérale dans la police, en contournant le concours de gardien de la paix, et dont les capacités réflexives sont assez limitées, n’aurait jamais dû devenir gardien de la paix ». En face, l’avocat du policier a pourtant tenté de montrer tout le professionnalisme de son client : « Vous savez ce qu’on fait quand on est en patrouille à la BAC de nuit ? On s’emmerde ! Donc on cherche de la délinquance. Ce soir-là, c’est très exactement ce qu’ils ont fait. Finalement, ils ne se sont pas trompés : défaut de permis, conduite sous alcool et sous stups… Ça fait quand même pas mal. Le flair policier, c’est ça. »

Si cette condamnation a eu l’air de satisfaire la famille d’Olivio, cet événement aura profondément chamboulé leur vie. Sa femme n’habite plus Poissy. Celle-ci a préféré déménager pour ne plus passer devant la scène de crime et revoir le spectre de son défunt compagnon chaque matin. L’avocat du policier a d’ores et déjà annoncé faire appel.