L’école Mes Talents remet la métallurgie à la mode… et bientôt l’usinage

Depuis octobre 2024, l’école Mes Talents des Mureaux forme de jeunes métalliers afin de créer des vocations mais aussi de répondre à la demande constante de ce secteur en tension.

Rester assis derrière un bureau : voilà ce qui repoussait par-dessus tout Jeylani, au point de lui ôter toute motivation à poursuivre un cursus scolaire général. Il y a un an et demi, il s’est alors inscrit « par hasard » dans un nouvel établissement qui lui permet de mettre la main à la pâte, et de travailler, enfin, sur des projets concrets : Mes Talents.

Située dans les anciens bâtiments de la DIAM aux Mureaux, l’école de production, ouverte en octobre 2024 et tout juste inaugurée la semaine dernière, forme des jeunes sortants de 3ème aux métiers de la métallerie. « Les écoles de production aujourd’hui sont en pleine croissance, et répondent à un vrai besoin à la fois des jeunes qui cherchent du sens dans leur apprentissage de métier et cherchent des débouchés concrets, vers des entreprises qui sont en besoin de main d’oeuvre qualifiée », explique le directeur de l’établissement, Timothée Verwaerde. Les 17 élèves de première et deuxième année passent 85% de leur temps de formation « sur la machine » afin d’acquérir le geste et le savoir-faire lié à leur métier, via des cursus en quatre ans sanctionnés par un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) puis par un baccalauréat professionnel.

Le choix d’installer un établissement aux Mureaux relevait de l’évidence pour la fédération nationale des écoles de production, qui a très rapidement décelé le potentiel du territoire. « On a rencontré des entreprises en recherche de main-d’œuvre dans les métiers les plus en tension, adaptés aux modèles des écoles de production, ajoute Timothée Verwaerde. La communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise a fait connaître par ces chefs d’entreprise le fait qu’il y avait une tradition industrielle majeure sur ce bassin de Seine, notamment usinage, métallerie, soudure, chaudronnerie. Alors on a regardé les chiffres, et on a décidé de se lancer ».

Les jeunes de Mes Talents travaillent désormais avec une vingtaine de clients aussi bien publics que privés : du portail pour la Mairie de Chapet aux cendriers pour la communauté urbaine, les projets locaux sont nombreux, alors que des grands noms comme la Marine Nationale ou Safran toquent même à la porte, tout comme des groupes étrangers. « Ce qui est extraordinaire, c’est que chaque jeune devient un vrai chef d’atelier sur son périmètre, souligne Jean-Paul Carta, président du conseil d’administration de Mes Talents. Il y a un compte à rendre, il y a un rendu, il y a un livrable, et ce livrable, tant qu’il n’est pas bon, il a l’autorisation, puisqu’on a un temps pédagogique, de recommencer ».

L’inauguration de l’école était également l’occasion pour la direction de l’établissement de lever le voile sur la deuxième phase de développement de Mes Talents : la formation aux métiers de l’usinage, dont celui de tourneur-fraiseur, et ce dès la rentrée de septembre prochain.