
Chaque jour, le Relais Val de Seine accueille cinq éléphants. Pas littéralement, heureusement. C’est en réalité le poids total des vêtements ramassés par les chauffeurs-collecteurs dans les bornes réparties entre le Sud de l’Eure et les Yvelines. Ensuite, tout un process industriel se met en place. Les packs de 500 kilos sont d’abord triés. On perd environ une centaine de kilos après cette étape, puis, il faut voir si le produit va être détricoté ou revendu dans une des 10 boutiques du secteur. Celles-ci se trouvent à Poissy, Les Mureaux, Maurepas, Mantes-la-Jolie, Pontoise, Cergy, Epône, Plaisir, ainsi que dans les 15ème et 20ème arrondissements de Paris. « Le prix va être divisée par quatre par rapport à son prix d’achat en boutique » indique Mohamed Madec, le chargé de communication de l’établissement chantelouvais.
Malgré l’avènement de Vinted, le Relais Val de Seine voit son activité croître. En 2024, 6 700 tonnes avaient été récoltées, l’année dernière ils sont montés à 7 200. Et la hausse devrait se poursuivre lorsque la société analyse les chiffres du premier trimestre 2026 : environ 5% de plus qu’à la même période en 2025. Ces augmentations s’expliquent notamment par l’arrivée de la fast-fashion comme Shein mais ne ravissent pas pour autant les dirigeants de ce haut-lieu de l’activité circulaire. « Les dons baissent en qualité » déplore Mohamed Madec.
Particularité du Relais Val de Seine de Chanteloup-les-Vignes, depuis janvier dernier il ne fait plus partie de la firme créée dans le Nord en 1984, ce qui a eu de multiples conséquences. Dorénavant c’est à eux de nouer des partenariats avec des villes ou des sociétés privées pour déposer plus de bornes, de trouver des nouveaux clients… Par ailleurs, le Relais pouvait leur racheter de temps en temps de la marchandise pour fabriquer le métisse, un isolant utilisé dans le BTP. Autre impératif, se retrouver à l’équilibre lors de chaque édition du bilan comptable et financier. C’est pour cela qu’il doit également innover en termes de vente.
En plus de leur friperie, le Relais Val de Seine souhaiterait tester un nouveau concept : une boutique de déstockage. Actuellement, chaque vêtement reste en boutique durant quinze jours. « Et pour maximiser la vente, on les fait tourner dans toutes les enseignes » précise le chargé de communication. Si à la fin, il ne trouve toujours pas preneur, il se retrouve stocké, dans l’espoir que d’autres professionnels viennent le racheter au kilo (environ 5€/kg).
Avec cette boutique, les particuliers pourront aussi se servir, un deal gagnant pour le Relais Val de Seine. D’une part, cela leur permet de gagner de la place et de l’argent en retirant ces immobilisations du site chantelouvais. Ainsi, il embaucherait plus de contrats d’insertion : « C’est vraiment le but premier de notre société. 80% de nos CDDI (contrat à durée déterminée d’insertion, Ndlr) sortent avec un nouvel emploi ou une formation diplômante » précise Mohamed Madec.
Il recherche donc un espace d’environ 400m², aussi bien dans les Yvelines, dans le Val-d’Oise ou les Hauts-de-Seine. Pour que la belle histoire de l’économie circulaire et de ses retombées puisse se poursuivre.